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Intervention
de Georges SARRE Conférence de presse Comité ATTAC Assemblée Nationale Mercredi 5 septembre 2001 |
Mesdames, Messieurs,
Mes Chers collègues, Lors de son intervention au Forum Social Mondial de Porto-Alegre en janvier dernier, Jean-Pierre Chevènement soulignait que " la réponse à chercher au capitalisme financier dit patrimonial [qui est la vraie nature de la mondialisation ultra-libérale] est […] la reconquête d'espaces citoyens publics, soumis à délibération collective argumentée et sanctionnée par le suffrage universel. Nous ne devons pas délaisser la question de l'Etat parce que celui-ci incarne la souveraineté populaire […] et qu'il est le garant de la sécurité donc du développement, le garant du long terme, et enfin celui de la cohésion sociale ". Voici donc décrites des perspectives claires et sans ambiguïté pour maîtriser ce système qui provoque tant de dégâts sociaux dans nos sociétés contemporaines. Notre ambition doit être de redonner aux Etats toute leur place et de rendre à la loi toute sa force pour maîtriser les marchés. Pour ce faire, il importe que des initiatives telles que celles portées par ATTAC soient soutenues. C'est le sens de mon engagement au sein du comité de l'Assemblée nationale. Je tiens à souligner que le MDC a soutenu le projet de création de la taxe Tobin avant même la naissance d'ATTAC. En effet, notre mouvement s'est exprimé dès 1996 en faveur d'une taxation des mouvements de capitaux. L'instauration de la Taxe Tobin est un symbole fort à envoyer aux chantres de la " mondialisation heureuse ". Par ailleurs, s'agissant de la lutte contre la mondialisation libérale, je voudrais rappeler que déjà dans les années 93-94, à l'occasion des discussions sur les négociations du Gatt, les députés du MDC avait déposé une demande d'exception d'irrecevabilité. Défendue par Jean-Pierre Chevènement, elle avait été rejetée. Seuls quelques Gaullistes, les Communistes et les députés MDC l'avaient soutenue. ![]() |
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Dans ces conditions, je suis heureux de pouvoir constater que notre action porte ses fruits auprès d'un Premier ministre dont le gouvernement a, jusqu'à la semaine dernière, systématiquement manœuvré pour enterrer cette idée. Cependant, au vu du peu d'empressement de nos partenaires européens à la mettre en application et à l'aune des " moulinets " de Laurent Fabius croyant pouvoir clore le débat en proposant une taxation sur les ventes d'armes nous devons être vigilants. Les récentes déclarations de James Tobin ne doivent pas nous démobiliser même si le réalisme doit toujours être la règle. Disons-le tout net, Lionel Jospin fait de la rhétorique. Pourtant le mouvement international de mobilisation contre la mondialisation ultra-libérale montre que les peuples ne sont plus disposés à accepter les outrances d'une société qui se résume à l'économie, à la finance et à la spéculation. Comme le mouvement social de 1995, sous le gouvernement Juppé, cette réalité montre que le plus grand nombre a soif de changement. Il traduit la volonté populaire de voir le politique " reprendre la main " et de voir prises des dispositions permettant de faire pression sur le monde des affaires et de la finance. Tout doit être mis en œuvre pour décourager la spéculation qui constitue un facteur d'instabilité forte et qui s'exerce au détriment des pays en voie de développement. Il apparaît de plus en plus clairement que la mondialisation ultra-libérale s'inscrit dans une démarche de domination politique et économique sans partage de la part des Etats-Unis d'Amérique et que le FMI, l'OCDE, la Banque mondiale et même l'Union Européenne n'en sont que les relais. Il appartient aux gouvernements donc aux Etats d'agir, d'intervenir sur les structures. ![]() |
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Je souhaite que les Parlements nationaux
récupèrent un pouvoir effectif sur les textes examinés
en Conseil des ministres européens. A cet effet, comme je l'ai déjà
proposé, je demande que soit créée une Commission des
Affaires Européennes qui remplacerait l'actuelle délégation
sans véritables pouvoirs. Il lui incomberait alors de définir
un cadre d'action pour les négociations gouvernementales. Dans ces
conditions, à l'instar du " système danois ", le
travail du Gouvernement serait ensuite validé ou rejeté par
les parlementaires à l'aune des objectifs atteints. Quant aux Commissaires
européens, il n'est plus possible qu'ils négocient des accords
commerciaux sans que les Etats ne puissent contrôler autrement qu'à
posteriori leur activité et que les Parlements nationaux, qui garantissent
la souveraineté populaire, n'aient la possibilité de contribuer
à la définition des termes de leur mandat. Ces initiatives
doivent s'accompagner d'un renforcement de la transparence au niveau des
institutions dites " internationales ".
Parallèlement aux divers amendements déposés dans le cadre des projets de loi de finances pour 2000 et 2001, de loi rectificative 2000 ou encore à l'occasion du projet de loi sur les " Nouvelles régulations économiques " qui instituaient la " taxe Tobin ", je rappelle que les parlementaires du MDC ont été à l'origine de plusieurs initiatives législatives visant à empêcher les plans sociaux de pure convenance boursière : mécanisme de restitution sociale, droit de veto au profit des salariés, encadrement des licenciements abusifs. etc… La France qui a su donner l'exemple dans l'histoire est en mesure de relever le défi de la lutte contre la Mondialisation ultra-libérale. Elle peut et doit donner, sans tarder, l'impulsion au niveau européen pour instaurer la " taxe Tobin ". Si la France fait le premier pas, les autres suivront. C'est pourquoi il ne faut pas rechercher une démarche consensuelle. |