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Communiqué
17/02/01
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Les récentes frappes militaires infligées à l'Irak au-delà du 33ème parallèle par les aviations américaine et britannique constituent une nouvelle violation inadmissible du droit international et une atteinte flagrante à la souveraineté nationale d'un état. Cet acte de délinquance internationale appelle la plus vive condamnation de la France. Le Mouvement des Citoyens, pour sa part, réitère sa demande d'une levée immédiate de l'embargo inique qui prive le peuple irakien des ressources les plus élémentaires, alors que les conditions posées par l'ONU sont à présent totalement remplies. ![]() |
Jean-Pierre
Chevènement 25/02/01 PARIS (AFP)
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Une "hypocrisie très grande" dans l' affaire des Kurdes Jean-Pierre Chevènement, président du MDC, a estimé dimanche qu'il y a une "hypocrisie très grande" à dire "que l'on va accueillir" les réfugiés kurdes du Var et à ne pas dénoncer dans le même temps l'embargo international contre l'Irak. Interrogé sur France Inter, l'ancien ministre de
l'Intérieur a approuvé la possibilité pour les
réfugiés de demander l'asile politique en France, avec
"une réserve importante". "La loi qui a été
votée par le Parlement et que j'ai présentée reposait
sur un triptyque: codéveloppement avec les pays d'origine, maîtrise
des flux migratoires et intégration des étrangers régulièrement
établis sur notre sol", a-t-il fait valoir. ![]() |
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INTERVENTION DE GEORGES SARRE Monsieur le Président,- Je tiens à souligner d'emblée combien je me réjouis de l'occasion qui nous est à nouveau donnée de débattre de la reconnaissance publique, par la France, du génocide arménien de 1915. Il est bon que notre séance historique du 29 mai 1998 ne reste pas sans lendemain, et que le processus soit aujourd'hui mené à son terme, sur une question marquée, de bout en bout, par l'initiative parlementaire. Venons-en au fond du débat, c'est-à-dire au sens à donner, une nouvelle fois, à la reconnaissance publique, par la France, du génocide arménien. Il reste, me semble-t-il, lié à quatre grandes exigences, dont mon intervention de 1998 se faisait déjà l'écho. ![]() |
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Donner aux événements de 1915 leur vraie qualification juridique, c'est d'abord rétablir une vérité historique. Par leur caractère massif, planifié et ciblé, ces massacres systématiques d'hommes, de femmes et d'enfants, en raison de leur appartenance ethnique, constituent en effet un génocide, le premier du XXème siècle. Telle est la position convergente des historiens. Rétablir cette vérité historique, ce n'est pas seulement manifester notre attachement exigeant au devoir de mémoire, au respect des droits de l'Homme et du Citoyen, et des valeurs universelles de notre République. C'est encore contribuer résolument au combat sans fin contre l'amnésie collective. ![]() |
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A cet égard, je constate que notre action, loin d'être isolée, s'inscrit dans une dynamique internationale, en vue de faire progresser la reconnaissance publique du génocide arménien. Ainsi, dans les années quatre-vingt, vit-on la Sous-commission des droits de l'Homme de l'ONU, puis le Parlement européen, s'emparer de cette question. Au printemps 1998, les Sénat belge et argentin s'engagèrent à leur tour. Le 7 novembre 2000, les six groupes politiques du Sénat surmontèrent enfin leurs hésitations, en votant massivement la reconnaissance publique, par la France, du génocide arménien, dans des termes identiques à ceux de notre Assemblée, dix-huit mois plus tôt. Dans le même temps, un projet de résolution sur le génocide arménien était présenté devant la Chambre des Représentants du Congrès américain. Même si, en l'espèce, le débat n'a pas été mené à son terme. ![]() |
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Enfin, le 17 novembre 2000, nos collègues italiens adoptèrent une résolution invitant à son tour les autorités turques, comme le fit quelque temps plus tôt le Parlement européen, à "accroître leur soutien à la minorité arménienne", notamment "par la reconnaissance publique du génocide" arménien. Reconnaître ce génocide, c'est également rendre hommage à la mémoire collective tragique des Français d'origine arménienne, et leur témoigner solennellement notre respect et notre solidarité. L'abondant courrier que m'ont adressé, au printemps 1998, nombre de ces compatriotes - au premier rang desquels le "Comité du 24 avril" de M. Govciyan, et le "Comité de défense de la cause arménienne" - a montré combien, en la matière, l'attente était grande, la mémoire vive, la fierté et la reconnaissance profondes. ![]() |
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Je n'oublie pas, cependant, combien profonde et vive fut également la réaction de ceux de nos compatriotes d'origine turque qui m'ont alors écrit, au lendemain du 29 mai 1998. C'est à eux que je voudrais m'adresser maintenant, pour tenter de dissiper, autant que faire se peut, leurs interrogations et leurs appréhensions. Je le redis solennellement: loin d'avoir pour objectif - comme certains le pensent à tort - "de blesser la nation turque vis-à-vis de l'histoire", la France, en reconnaissant les événements de 1915 pour ce qu'ils furent, entend surtout contribuer à la réconciliation entre la Turquie et l'Arménie d'aujourd'hui, et à l'établissement d'une paix durable entre ces deux démocraties en voie de consolidation. Ce qui suppose tout d'abord de ne pas occulter l'Histoire. ![]() |
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Depuis le printemps 1998, la Turquie et l'Union européenne ont accomplis des pas importants l'une vers l'autre. En décembre 1999, au sommet européen d'Helsinki, la Turquie se voyait officiellement reconnue comme pays candidat à l'adhésion. Un an plus tard, Ankara et Bruxelles se mettaient d'accord, sous présidence française, sur le texte d'un "partenariat pour l'adhésion", déclinant les étapes vers l'ouverture effective des négociations. Plus que jamais, donc, la Turquie est en Europe et dans la construction européenne. Et si le dialogue avec Ankara n'est pas exempt, je le déplore, de crispations et d'incompréhensions, il est évident que ni le peuple turc, ni la Turquie actuelle - dont le regard sur sa propre histoire a évolué et évoluera encore -, ne sauraient être mis en accusation sur la question qui nous occupe aujourd'hui. ![]() |
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Seul un dialogue approfondi entre Paris et Ankara, dans tous les domaines, permettra toutefois de conjurer durablement les réserves de ceux qui - tel M. Védrine - craignent que l'adoption de la présente proposition de Loi "serve avant tout ceux que tentent le repli sur soi, le nationalisme autoritaire et la répudiation des valeurs de progrès et d'ouverture". Et les récentes menaces des sanctions du gouvernement turc sont déplacées, outrancières et sans effet. Il faut au contraire développer un esprit de dialogue exigeant et fécond, à la mesure des liens historiques d'amitié et de coopération qui nous unissent à la Turquie et à l'Arménie, que je vous invite, mes chers collègues, à confirmer aujourd'hui solennellement l'engagement unanime de notre Assemblée en faveur de la reconnaissance publique, par la France, du génocide arménien de 1915. Hommage soit ainsi rendu aux victimes de cette tragédie, à travers leurs descendants, nos compatriotes, qui voient aujourd'hui se réaliser un de leurs plus chers désirs. En ce début de troisième millénaire, souhaitons enfin que soit trouvée à la crise du Nagarny-Kharabak, en Arménie, la solution pacifique que la France, aux côtés de ses partenaires russes et américains du "groupe de Minsk", s'efforce de promouvoir et appelle ses voeux. ![]() |
Communiqué
du MDC 27/11/00
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A l'invitation de Monsieur Shlomo Ben Ami, Ministre israélien des Affaires étrangères qu'il avait reçu à Paris en avril dernier en sa qualité de Ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement a effectué une visite en Israël du 22 au 26 novembre. Il y a rencontré les principaux dirigeants de l'Etat. Par ailleurs, Jean-Pierre Chevènement s'est rendu dans les Territoires palestiniens les 24 et 25 novembre. Il a été reçu par le Président Arafat et s'est entretenu avec les responsables de l'Autorité palestinienne. ![]() |
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Proche Orient : conjurer le spectre de la régression par J.P. CHEVENEMENT Quels que soient les drames et les difficultés, il n'y a pas d'alternative au processus de paix israélo-palestinien engagé à Oslo. Il rencontre cependant deux redoutables ennemis : la peur et le temps. A quelques heures d'intervalle se sont succédées la déclaration du premier Ministre Ehud Barak évoquant la coexistence de deux capitales au sein de Jérusalem et la visite provocatrice du général Sharon à l'esplanade des mosquées. L'insurrection populaire qui suivit dans tous les territoires palestiniens témoigne du retour des peurs et des angoisses que le processus de paix ambitionnait de surmonter. Les Palestiniens exaspérés des lenteurs, des retards, des atermoiements, - dont la parenthèse Netanyahou est grandement responsable - ont craint de voir se refermer sur eux un piège impitoyable qui les exclurait de toute souveraineté sur Jérusalem. Et la vigueur de la nouvelle intifada a, du coup, fait rejaillir les peurs anciennes parmi les Israëliens chez qui le complexe obsidional est dicté par l'histoire et la géographie. C'est en parvenant aux portes d'un accord global qu'une ultime et dramatique crispation s'est produite. ![]() |
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Cette crispation peut déboucher sur une nouvelle et terrible régression : poursuite des affrontements malgré l'accord de Charm-El-Cheick, suspension du processus de paix, retour du Likoud au sein du gouvernement israélien, disparition programmée d'Arafat supplanté par le Hamas en Palestine. La chance d'une paix durable ne repasserait pas alors de sitôt au cadran de l'Histoire. Quand grandit le danger, peut grandir aussi l'espoir de la paix, pour conjurer le spectre de cette régression dont il est difficile de mesurer par avance toutes les conséquences dans le monde arabo-musulman - je pense notamment à la fragilité de nombreux régimes arabes et à la tentation toujours latente de l'intégrisme politique dont les appels au djihad donnent quelque pressentiment - Il faut le répéter : l'engrenage de la peur n'est pas une fatalité. Le Proche et le Moyen Orient peuvent échapper à la spirale de la guerre et du mal-développement. C'est un enjeu de civilisation majeur pour l'Orient et pour l'Occident. Simplement il faut se rappeler qu'il n'y a pas de paix sans justice et qu'elle ne peut se faire que dans le respect de la dignité et de l'idée que chacun se fait de lui-même et de son Histoire. C'est là la principale difficulté : le monde arabe doit surmonter son humiliation historique et trouver enfin la voie d'une modernisation réussie. Israël doit s'intégrer à son environnement régional. ![]() |
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Tous deux doivent modérer leurs intégristes et accepter un certain degré de sécularisation pour mener à bien une véritable réconciliation de la Méditerranée au Golfe. C'est dans ce cadre global qu'il sera possible de relancer une solution pacifique de la crise du Proche-Orient, garantissant à Israël le droit à l'existence dans des frontières sûres et reconnues et le droit des Palestiniens à un Etat. L'issue est difficile : Jérusalem symbolise le contact entre l'Orient et l'Occident, la substitution possible de la coopération à celle de l'affrontement entre ces deux univers. Israël et la Palestine se trouvent ainsi aux avant-postes d'un enjeu mondial décisif. Peut-on les laisser seuls ? Le devoir de la France est d'utiliser tous les moyens de son influence pour préserver les contacts qu'elle a de part et d'autre pour préserver l'avenir et relancer le jour venu la dynamique de la paix. Le temps a joué contre le processus : il a affaibli sa crédibilité et renforcé ses adversaires dans les deux camps. Yasser Arafat a pris tous les risques pour canaliser la révolte populaire palestinienne dans la voie d'une solution politique négociée. Mais les couches populaires sont de plus en plus tentées par le discours virulent du Hamas. Et si jamais en Israël un gouvernement n'avait été aussi disposé à rechercher un compromis que celui dirigé par Ehud Barak, l'angoisse existentielle renforce le camp des faucons. Mais à long terme le temps pourra jouer à nouveau en faveur de la paix. Une diplomatie française guidée par des valeurs républicaines d'égalité, de laïcité et de justice peut jouer un rôle utile car la partialité excessive de la médiation américaine lui confère des limites évidentes. Cela suppose qu'en France même, chacun se comporte en citoyen. ![]() |
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Il est totalement inacceptable que sur le sol de la République, les passions et la fureur importées de l'étranger gagnent. Dès lors que des synagogues et des lieux de réunion sont la cible d'attaques, il convient de poursuivre sans faiblesse les auteurs de ces délits graves qui ne relèvent que de la délinquance. Aucune excuse absolutoire ne saurait être admise. La retenue et la concorde s'imposent. La France ne connaît que des citoyens, capables de tenir attachements ou préférences dans leur sphère privée et de confier à la raison leur comportement public. Tous ceux qui vivent sur le territoire de la République doivent honorer le principe de citoyenneté et refuser de se conduire en représentants de causes étrangères. Faillir à cette exigence serait donner raison à l'extrême droite, à l'ethnicisme et à la ségrégation. L'exemple donné d'une citoyenneté comprise et vécue, de la concorde entre Français quelle que soit leur confession, sera une meilleure contribution à la paix que l'abandon à la spirale des passions et des haines. En faisant vivre sur notre sol la laïcité et la citoyenneté, la France pourra faire entendre une voix forte et libre au service de la liberté des peuples. ![]() |
A propos de la polémique déclenchée par les propos de J.P. CHEVENEMENT
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1 - "L'Allemagne n'est pas guérie du déraillement qu'a été le nazisme dans son histoire" Nos détracteurs en déduisent que nous tenons les Allemands d'aujourd'hui pour des héritiers du nazisme. La pensée de J.P. CHEVENEMENT exprime exactement l'inverse (cf. son livre : France-Allemagne, parlons franc). L'Allemagne contemporaine est si profondément et si sincèrement antinazie, si totalement résolue à écarter le spectre du nazisme, qu'elle en arrive à rejeter tout ce qui ressemblerait à l'affirmation de l'Allemagne comme nation. C'est parce qu'elle est si totalement antinazie que l'Allemagne d'aujourd'hui se pose des questions sur son présent de grande nation moderne et réunifiée. D'où le débat intellectuel en cours autour du "post-national", du "patriotisme constitutionnel" cher à Jürgen Habermas, qui tend à évacuer l'idée même de nation parce qu'elle a été liée au nazisme. Or l'idée de nation est naturellement présente chez les Allemands, comme chez les Français ou les Britanniques. On ne peut la balayer ou la désincarner totalement : l'Allemagne démocratique d'aujourd'hui n'a pas à s'excuser d'être l'Allemagne. Elle est d'ailleurs en train de fonder une nouvelle conception de la nation, fondée sur une "citoyenneté intégrative", écartant le seul droit du sang pour adopter le droit du sol, notamment en faveur des immigrés installés depuis longtemps en Allemagne. C'est un bon chemin ; c'est une marque de courage de la part de la gauche allemande. En effet, en Allemagne comme en France, et dans toute l'Europe, il faut prendre congé de toute définition ethnique de la nation pour refonder l'Europe sur des nations ouvertes, constituées par la citoyenneté et non par l'origine. |
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2 - "Le Saint Empire romain germanique" L'Allemagne ne s'est pas constituée historiquement comme la France. Ce fut à l'origine une vaste confédération regroupant des Etats des principautés des villes, des systèmes de droit différents. C'est aujourd'hui une fédération. Elle est encline naturellement à inscrire son destin dans un ensemble de type fédéral qui ne lui posera aucun problème existentiel. La France, à l'inverse, s'est constituée de manière centralisée. Tellement diverse dans sa composition, elle ne peut marcher qu'avec un carburant : l'unité politique. Elle ne peut inscrire son avenir dans un système fédéral sans risquer son implosion. La République n'est guère soluble dans le fédéralisme. Il faut pouvoir le dire, surtout lorsque J. Fischer et les Verts allemands emboîtent le pas de la droite allemande pour proposer à nouveau un modèle fédéral (même si une inflexion, plus respectueuse des nations, est sensible). |
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3 - L'Europe à construire Nous voulons construire une Europe fondée sur la coopération des Etats nations, non sur le fédéralisme. Cette idée de nation fait peur chez beaucoup en Allemagne ("la peur de soi" selon P. Thibaut). Nous devons bien sûr le comprendre mais convenons que nous n'avons pas tout à fait le même problème. Le débat en Allemagne veut faire l'impasse sur la nation soit en prétendant la dépasser : c'est le "post-national", construction purement intellectuelle et désincarnée, mais qui ne traduit aucunement la réalité populaire en Allemagne ; soit en se référant à l'organisation de l'Allemagne avant qu'elle ne forme une nation : c'est le fédéralisme décousu du Saint Empire qui assemble des carottes et des navets, accepte des régimes de droit différents, réunit des entités hétéroclites. De là à proposer ce "modèle" pour construire l'Europe, il y a un pas que les républicains ne peuvent pas franchir... ![]() |
Sami
Naïr, Député européen,
vice-président du MdC
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Giscard d'Estaing, Chevènement et l'Allemagne Dimanche, 11 heures. Sur le plateau de France 2, Jean-Pierre Chevènement expose en deux phrases la thèse qu'il a développée en deux cents pages dans son livre (1) : l'Allemagne d'aujourd'hui est si totalement et si résolument décidée à éradiquer tout ce qui fut lié au nazisme, qu'elle en arrive parfois à diaboliser la nation et à vouloir souvent construire l'Europe contre les nations. « L'Allemagne ne s'est pas encore guérie du déraillement qu'a été le nazisme dans son histoire ». C'est en réaction contre le nazisme qu'elle se jette à corps perdu dans le « post-national », qu'elle invente avec J. Habermas le « patriotisme constitutionnel ». Même dimanche à 12 heures. Invitée au colloque du Mouvement des Citoyens, Mme Brigitte Sauzay, conseillère du Chancelier fédéral d'Allemagne, rappelle que le ministre de l'intérieur fut le premier Français à saluer la révolution de l'introduction du droit du sol dans le droit de la nationalité allemande (2). Mme Brigitte Sauzay n'était évidemment pas au courant de la manière dont Jean-Pierre Chevènement avait contracté sa pensée en trois phrases sur France 2. |
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A 18 h., dans le studio de RTL, V. Giscard d'Estaing sent d'instinct le profit à tirer d'une expression trop rapide sur un thème si complexe : « accuser les dirigeants allemands de retrouver plus ou moins une inspiration et une culture nazies, c'est insupportable ». Honteux amalgame, voulu délibérément par V.G.E., pour accréditer un contre-sens évident. Jean-Pierre Chevènement ne reproche évidemment pas à l'Allemagne d'être restée fidèle au nazisme, mais de le combattre si ardemment qu'elle en vient à rejeter l'idée même de la nation, à confondre nation ethnique et nation citoyenne ! Cela, V. Giscard d'Estaing le sait. De la réflexion sur l'histoire croisée de l'Allemagne et de la France, nous ne tirons pas les mêmes leçons. La saine critique de la nation ethnique ne débouche pas pour nous sur une négation de la nation, mais sur la nécessité d'une nation citoyenne, sans distinction d'origine, ouverte à tous ceux qui veulent partager son destin. Avec quelle joie avons nous salué la décision allemande de faire place au droit du sol, d'adopter ce que la gauche allemande (les Verts en premier lieu), courageuse et exemplaire, nomme une « citoyenneté intégrative » ! Une Europe construite sur les nations devient possible, puisque la définition de la nationalité échappe au sombre mythe des origines pour s'ancrer dans une idée moderne de la citoyenneté. |
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Est-il interdit de rappeler ici que, face au fédéralisme proposé avec des nuances nouvelles par M. Fischer, les situations de l'Allemagne et de la France ne sont pas identiques ? Outre Rhin, la plus grande partie de l'histoire allemande fut celle d'une mosaïque d'Etats, de principautés, de villes, de systèmes de droit différents. Inscrire son avenir dans une perspective fédérale est donc logique et naturel. La France, à l'inverse, s'est construite par une unité politique et une centralisation d'autant plus fortes qu'il fallait « faire France » avec des populations hétérogènes, des régions, des langues diverses. L'idée républicaine, depuis deux siècles, a conforté cette construction originale. Est-il interdit de dire qu'une perspective fédérale poserait à la France un problème redoutable ? La République n'est pas soluble dans le fédéralisme, sauf à vouloir à tout prix provoquer l'implosion de la France. |
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En pratiquant un médiocre amalgame, V. Giscard d'Estaing s'agite en policier de la pensée, lui qui, en 1991, excitait l'opinion publique en parlant « d'invasion » de la France par des non-européens (3). En stigmatisant ceux qui veulent construire l'Europe non comme une Fédération mais comme une Communauté d'Etats-Nations décidés à associer leur destin, il choisit d'étouffer le débat plutôt que de l'affronter. Que certains responsables politiques créent délibérément ce contre-sens en dit long sur leur désarroi. Ils sont plus prompts à caricaturer leurs contradicteurs qu'à tirer les conséquences de la crise européenne où nous conduisent leurs certitudes bien-pensantes. Des années de conformisme sirupeux ont fait beaucoup de mal au dialogue franco-allemand, aujourd'hui réduit à la langue de bois et aux voyages officiels. Mais, des deux côtés du Rhin, des esprits libres ont choisi d'en sortir. Leur échange confiant, franc et sincère lèvera la chape de conformisme, d'hypocrisie, de politique univoque dont la malhonnêteté intellectuelle du hourvari d'aujourd'hui souligne en réalité les failles. (1) J.-P. Chevènement,
« France-Allemagne : parlons
franc », Paris 1996 |
Communiqué de G. SARRE 27/03/00
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La victoire de Vladimir Poutine ouvre dans l'histoire de la Russie une nouvelle phase. Elle est dominée par trois défis : la consolidation démocratique, le redressement socio-économique et l'affirmation retrouvée sur la scène internationale. L'enjeu dépasse le seul devenir de la Russie. Il touche à la multipolarité à construire au niveau mondial pour se préserver de l'hyperpuissance impériale. L'appel lancé par les Quinze le 24 mars 2000 à "développer un partenariat stratégique efficace" avec la Russie est particulièrement bienvenu. Il devrait se traduire rapidement par des avancées concrètes. ![]() |
Sami Naïr, 24/03/00
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Pour la justice et le droit au Moyen-Orient Il n'y avait aucune satisfaction à voir, sortant de l'Université de Bir Zeit, le Premier ministre de la France avancer sous les huées et jets de pierres des étudiants palestiniens. Chacun a pu alors mesurer que cette visite en Israël, qui aurait pu être celle de l'amitié française pour tous, s'était muée en quiproquo diplomatique. Le scandaleux comportement des agresseurs du Premier ministre est inacceptable. Nous le condamnons fermement. Pour
autant, il ne faut pas sous-estimer les inquiétudes suscitées
par les déclarations du Premier ministre. Celles-ci tranchent,
en effet, avec la position traditionnelle de la France au Moyen-Orient.
Le Premier ministre a qualifié les actions du Hezbollah au Liban,
occupé par les israéliens, d'attaques "terroristes
unilatérales". Cela est doublement erroné : |
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Le Premier ministre a aussi accusé la Syrie de bloquer un accord de paix avec Israël. En fait, les Syriens réagissent plutôt à un durcissement de Barak. Car tant Shamir que Pérèz, Rabin que Netanyahou acceptaient le repli sur les frontières du 4 juin 1967, en échange de la normalisation des relations avec la Syrie. Ce préalable syrien à toute négociation est fondé sur les résolutions de l'ONU. Or Barak réclame maintenant la normalisation avec la Syrie avant tout engagement de retrait israélien, ce qui, en langage clair, signifie la capitulation de la Syrie. Lors de l'arrêt des négociations israélo-syriennes en janvier dernier, même les principaux alliés d'Israël, les USA, sachant ce qu'il en était, se sont abstenues de faire porter la responsabilité de cet échec sur la Syrie, Israël occupe illégalement la Cisjordanie, Gaza, Jérusalem, le Golan, le Sud Liban. Des dizaines de résolutions de l'ONU condamnent ces occupations. En outre, le blocage par Israël du processus de paix, en dépit des accords signés avec l'Autorité palestinienne sous les auspices des USA, pourrit une situation déjà gravement conflictuelle. |
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La France, jusqu'à aujourd'hui, a eu une position équilibrée, fondée sur l'application des résolutions de l'ONU : reconnaissance du droit d'Israël à des frontières sûres, retrait israélien des territoires occupés, refus de la politique de colonisation, souveraineté et indépendance du Liban, création d'un État palestinien viable. Ce sont là des bases justes, équilibrées, partagées par la très grande majorité de la communauté internationale et qui garantissent, sur le long terme, une cohabitation positive entre tous les pays. Sauf à vouloir être définitivement exclue de la région, la France doit maintenir cette position en évitant la politique du deux poids deux mesures. Il n'y a pas, au Moyen-Orient, la démocratie d'un côté et l'autoritarisme de l'autre. S'il est vrai que des régimes arabes ses sont servis des Palestiniens à leurs propres fins et n'ont pas hésité à les réprimer, que dire d'une démocratie israélienne qui refuse le droit à une vie décente pour les Palestiniens, colonise quotidiennement et sème souvent le feu autour d'elle ? Au Moyen-Orient, seuls doivent compter la justice, le droit et la lutte pour un avenir fraternel entre les peuples. ![]() |
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Dans
une Afrique francophone marquée par la recrudescence récente
des coups d'Etat militaires - en Guinée Bissau, au Niger, aux
Comores ou en Côte d'Ivoire - la transition politique pacifique
qui semble s'amorcer aujourd'hui au Sénégal, après
la victoire électorale de l'opposant historique Abdoulaye Wade
sur le Président sortant Abdou Diouf, constitue un réel
motif de satisfaction et d'espérance pour tous les promoteurs
de la démocratie sur le continent africain. L'attitude responsable
et digne de ces deux leaders politiques sénégalais empreinte
d'un grand sens de l'intérêt national est à saluer
particulièrement alors que le Sénégal est en passe
de donner l'exemple de la première alternance politique par les
urnes dans un régime issu de la colonisation. Toutefois l'ampleur
des défis économiques et politiques auxquels la nouvelle
équipe présidentielle sera confrontée ne saurait
être sous estimée. |
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Au moment où toutes les composantes politiques du pays doivent désormais conjuguer leurs forces pour traduire rapidement dans les faits la volonté de changement exprimée par les électeurs sénégalais, le défi majeur est bien celui d'éviter que le Sénégal soit entraîné dans la spirale de déstabilisation qui emporte déjà nombre de ses voisins proches ou éloignés, en proie à la guerre ou à de fortes tensions internes, contrariant profondément leur développement. Dans cet effort, le Sénégal doit savoir qu'il peut, aujourd'hui comme hier, compter sur la France comme sur un soutien fidèle et loyal à ses côtés. Le MDC sera en la matière très attentif aux initiatives du Gouvernement français. ![]() |
Paris,
le 4 février 2000
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Le
Président autrichien KIESTIL vient d'accepter l'entrée
du parti d'extrême droite FPÖ dans un gouvernement de coalition
avec les conservateurs. Cette décision est lourde de menaces
pour la démocratie autrichienne. Elle justifie une vigilance
de tous les instants à l'égard de ce nouveau gouvernement.
C'est la première fois depuis la chute du Reich que l'extrême
droite participe au gouvernement d'un pays européen. Ce n'est
pas un fait mineur. C'est un choix grave. La condamnation doit être
sans appel. On ne pactise pas avec l'extrême droite. |
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La pensée
unique et les biens pensants sont les ingrédients et les acteurs
constitutifs de l'abaissement de la démocratie vivante. ![]() |
Paris,
le 3 février 2000 COMMUNIQUE Georges SARRE Président délégué du MDC
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Lalliance
honteuse de la droite et de lextrême-droite autrichiennes
doit être condamnée sans réserve. Le parti conservateur
endosse une lourde responsabilité en ouvrant les portes du gouvernement
au parti de M. Haïder. Il est le premier responsable de cette déroute
morale. ![]() |
21/07/00
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Au
yeux du MDC, le voyage de M. Bouteflika aura marqué le retour
à un haut niveau des relations franco-algériennes, et
le bilan du voyage est bon. A ceux qui attendaient la visite d'un chef d'Etat mendiant, le président algérien a montré qu'il était un bon praticien de la politique étrangère et a fait valoir les créances que l'histoire avait constitué au profit de l'Algérie, et l'intérêt des bonnes relations entre les deux rives de la Méditerranée. Nous considérons que la première difficulté de l'Algérie tient à son identité nationale mal construite. De tels voyages et de tels discours sont importants pour constituer une identité plurielle pour l'Algérie, la conforter dans sa dignité. Il est souhaitable que l'Algérie assume son histoire et sa diversité pour se reconstruire après le drame sanglant qu'elle vient de traverser. |
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La condamnation du colonialisme -que nous n'entendons pas confondre avec le fait colonial- est constant chez nous et éveille des solidarités réelles entre les républicains de France et d'Algérie. Loin de toute "repentance", à laquelle d'ailleurs le président algérien n'a jamais appelé à ma connaissance, il faut surmonter le passé, l'expliquer, donner du sens à l'histoire. Mais il est exact que cette visite avait un caractère purement politique. Aucune négociation directe sur les dossiers en cours n'était prévue : en ce sens le président algérien est reparti comme il était arrivé; mais sa visite enclenche une série de négociations concrètes : commerce, garanties sur l'investissement, part des sociétés françaises dans l'exploitation des hydrocarbures, renouvellement de la convention de 1988 sur le séjour, etc... |
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Nous regrettons profondément à ce sujet que la compagnie Air France n'ait pas encore repris ses vols sur l'Algérie, comme l'a fait déjà Alitalia. Enfin, après l'indifférence invraisemblable dans laquelle la majorité des media français a tenu la résistance du peuple algérien face à la barbarie intégriste, il est temps de placer la solidarité au coeur de nos relations. Les Algériennes et les Algériens étaient bien seuls quand ils ont résisté à ce "fascisme vert", et de France leur venaient surtout des appels à la capitulation plutôt que des soutiens à la résistance... Il faut aussi surmonter cette immense déception des milieux démocratiques et progressistes en Algérie. ![]() |
Lettre du Président de la république
algérienne démocratique et populaire à messieurs
les dirigeants du MDC 8/12/99
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Le communiqué que le MDC a fait à la
suite du référendum du 16 septembre vient confirmer,
s'il en est besoin, l'existence en France d'un riche gisement d'amitié
grâce auquel les peuples algériens et français
sont toujours restés proches l'un de lautre malgré
les vicissitudes de l'histoire et de la politique. |
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La visite effectuée
à Alger en juin dernier par M. CHEVENEMENT d'un côté
et le communiqué de votre Mouvement de l'autre, sont de nature
à consolider notre profonde conviction que les hommes de
bonne volonté sauront aujourd'hui comme hier assurer la pérennité
des liens d'amitié qui n'ont, en fait, jamais cessé
d'exister entre la France profonde et mon pays. J'ai en tout cas, grand plaisir à vous exprimer mes vifs remerciements pour le contenu de votre communiqué et à vous dire toute la disponibilité qui est la mienne et celle du peuple algérien à bâtir avec votre grand pays une relation privilégiée, voire exemplaire, fondée sur l'amitié, les intérêts comuns, le respect mutuel et capable effectivement d'éclairer une grande politique méditerranéenne, à la faveur de laquelle la paix, la stabilité et la coprospérité s'insèreraient durablement dans les réalités de notre région. Abdelaziz BOUTEFLIKA ![]() |
ALGERIE (12/05/98) | |
"De retour d'une visite de trois jours en Algérie avec une délégation du MDC, Georges SARRE, président délégué, a estimé urgent de ne pas attendre pour investir en Algérie qu'il n'y ait plus le moindre danger. Il a estimé qu'il fallait sortir du blocus actuel des visas et a précisé que le but de sa visite était d'écouter ce que les Algériens avaient à dire.Il a affirmé qu'il fallait entendre le message de l'Algérie à la France notamment en ce qui concerne les auteurs des violences et que chacun reconnaisse que les tueurs sont les intégristes du GIA. | Il
a souligné que l'Algérie a moins besoin d'enquêteurs
internationaux que de soutien et de solidarité active et que pour
le MDC le choix est clair : ni indifférence, ni ingérence,
mais solidarité.
Le MDC milite pour une véritable politique de la Méditerrannée, du co-développement et la délégation s'est déclarée émerveillée par le combat que mènent les femmes algériennes pour la défense de leurs droits et a saluée la presse, libre, pluraliste et indépendante. |
La délégation
du MDC a rencontré les groupes parlementaires du RND, du MSP, du
FFS, du RCD, du FLN et du mouvement Ennahda ainsi que le secrétaire
général de l'UGTA, l'archevêque d'Alger et les directeurs
des journaux El Watan et le Matin."
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L'accord
signé le 5 septembre, peu après minuit, par le Premier Ministre
israëlien et le chef de l'Autorité palestinienne marque enfin
la relance tant attendue du processus de paix au Proche-Orient.
En permettant d'amorcer la phase finale des négociations d'Oslo, cet accord témoigne surtout d'un retour en force unanime de la volonté et du courage politiques d'aboutir à la paix, sans lesquels ne saurait s'instaurer de nouveau, entre les parties, ce climat de confiance durable au plus haut niveau, indispensable à la réussite des accords et de leur mise en œuvre. ![]() |
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Cette
dynamique de paix relancée sera d'autant plus forte qu'elle s'accompagnera
du lancement d'un partenariat israëlo-palestinien pour le développement
régional, au fur et à mesure des accords conclu.
La visite annoncée du Premier Ministre Ehud Barak dans notre pays doit être l'occasion pour la France d'apporter son soutien résolu dans cette voie, conformément aux relations traditionnelles de coopération et d'amitié qui nous unissent aux pays de cette région. Malgré les tentatives des extrémistes qui cherchent et chercheront à remettre en cause chaque avancée vers la paix, la réaction du gouvernement israëlien aux derniers attentats prouve que celui-ci croit à la validité de la lutte menée par l'Autorité palestinienne contre le terrorisme. ![]() |
![]() Blocage du processus de paix au Sahara occidental Question écrite de G. SARRE, 2/12/98 |
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Dans une question écrite, le 2/12/98, G. SARRE attire l'attention du Ministre des Affaires étrangères sur le blocage persistant du processus de paix au Sahara occidental dont témoignent les reports successifs du référendum d'auto-détermination, initialement prévu par les Nations unies en janvier 1992, dans le sillage de l'accord de cessez-le-feu conclu en 1991 sous leur égide. Prévu jusqu'à ces dernières semaines pour le 7 décembre 1998, ce référendum fut ainsi de nouveau différé d'un an par l'ONU, le 27 octobre 1998, en raison des désaccords persistants entre le Maroc et le Front Polisario sur les modalités de détermination du corps électoral sahraoui. Mr G. SARRE observe que les accords de Houston, négociés sous l'égide des Nations unies par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, avaient pourtant permis, en septembre 1997, de faire accepter par les parties un compromis sur le noeud du problème : l'identification - en sus des quelques 140 000 électeurs potentiels d'ores et déjà identifiés par l'ONU - des membres de trois tribus considérées par Rabat comme sahraouies et tenues pour marocaines par le Front Polisario. |
Les accords de Houston prévoyaient en effet que les quelques 65 000 personnes qui se réclamaient de ces trois tribus pourraient demander, à titre individuel, de voter au référendum. Un processus bilatéral d'identification individuelle des postulants était mis en place à cette fin, dans six centres installés sur place par les nations Unies, à l'issue duquel devait être publié par l'ONU, en mai 1998, la liste définitive des votants. Force est de constater, cependant, que ce calendrier onusien n'a pu, une fois encore, être respecté, les parties en présence s'accusant mutuellement d'entraves au processus d'identification, tout en accusant de partialité la mission de l'ONU au Sahara occidental. Ce nouveau blocage a ainsi conduit le secrétaire général de l'ONU à envisager, le 9 novembre 1998, l'éventualité d'un retrait des quelques 450 Casques Bleus présents sur place si les deux parties n'apportaient pas la preuve de leur "volonté politique" de parvenir à la paix. Dans ce contexte, Monsieur G. SARRE, prenant acte des réticences suscitées par les nouvelles propositions de Monsieur Kofi Annan pour sortir de l'impasse actuelle, demande donc à Monsieur le Ministre des Affaires étrangères de lui indiquer la position de la France sur de dossier ainsi que les voies d'un déblocage possible du processus de paix au Sahara occidental. ![]() |