les rubriques du mdc

remerciements 

I Prenons la mesure des réussites

1 ) au Ministère de l'Intérieur
2) Pour le MDC et le gouvernement de Lionel Jospin

II La mondialisation n'a pas périmé les nations

III Affirmer la souveraineté populaire

IV Donner, dans l'immédiat, un nouveau souffle républicain à la gauche 

V Notre stratégie : faire fond sur les Républicains qui s'assument ou qui s'ignorent encore 

Intervention de Jean-Pierre Chevènement 

Perpignan, le 29 août 1999 Université d'été du M.D.C


 
 

L'hospitalité de nos amis des Pyrénées orientales nous a permis de réussir ce rassemblement

L'hospitalité de nos amis des Pyrénées orientales nous a permis de réussir ce rassemblement qui, à la fin de l'été, marque les grands traits de l'action que nous voulons conduire durant l'année. Je voudrais remercier Paul Loridant, Catalan d'honneur, qui a beaucoup contribué à ce succès, l'équipe du MDC, rue du Faubourg Poissonnière, et le Comité MDC des Pyrénées orientales, grâce à qui nous avons organisé nos travaux. A Christian Bourquin, Président du Conseil Général, je veux dire aussi mon amicale reconnaissance pour l'accueil qu'il a su nous réserver, de même qu'au Président de l'Université qui a bien voulu prêter à nouveau ses locaux.

 

Pour que la France ne se défasse pas dans la mondialisation, il faut maintenir l'idée de l'intérêt national

I Prenons la mesure des réussites

Voilà deux ans que la victoire électorale a amené une nouvelle majorité à la conduite des affaires de la France et Lionel Jospin à la tête du gouvernement. Ce changement est survenu dans une période marquée par deux événements majeurs qui ne sont d'ailleurs pas indépendants l'un de l'autre : la dislocation du bloc communiste, ses effets depuis dix ans, et la mondialisation financière. C'est à cette lumière qu'il faut faire le bilan des deux années écoulées, marquées par deux victoires électorales successives, le retour de la croissance, l'amélioration de l'emploi, des réformes positives, le travail d'un gouvernement sérieux et responsable.

Pour que la France ne se défasse pas dans la mondialisation, il faut maintenir l'idée de l'intérêt national et savoir prendre en tous domaines des décisions conformes à celui-ci.

des communautés d'agglomérations et de communes pour lutter aussi bien contre la ségrégation urbaine que contre la désertification de nos campagnes

1) C'est ce que je me suis efforcé de faire au ministère de l'Intérieur.

Il est normal que je vous rende compte de mon action à ce titre même si je souhaite que le MDC s'exprime pleinement par ailleurs.

La loi sur l'intercommunalité, produit d'une riche discussion parlementaire, nous dote d'outils qui vont permettre de moderniser en profondeur les cadres de notre organisation territoriale, tant en milieu urbain que dans l'espace rural. L'objectif est de créer dans l'année qui vient des dizaines de communautés d'agglomérations et de communes pour lutter aussi bien contre la ségrégation urbaine que contre la désertification de nos campagnes.

une police à la fois territorialisée, responsabilisée, polyvalente et capable d'agir en partenariat
S'agit-il des enjeux de la sécurité publique ? La profonde réorganisation qu'implique le concept de "police de proximité", lancé au Colloque de Villepinte, en octobre 1997, est testée dans de premiers sites-pilotes, qui seront plus de 60 à la rentrée d'automne. La généralisation suivra de 2000 à 2002. Les contrats locaux de sécurité, dont le coup d'envoi a été donné dès 1997, sont au nombre de plus de 250 d'ores et déjà signés, 450 encore en cours d'élaboration et, donc, 700 au total. Les Assises de la formation et de la recherche dans la police nationale, en février 1998, ont déterminé les moyens d'une réponse toujours mieux adaptée de l'institution aux attentes des citoyens. 12.000 adjoints de sécurité ont été recrutés, formés et déployés dans les départements les plus sensibles. La fidélisation de 3000 CRS et militaires de la gendarmerie mobile permettra d'accélérer les redéploiements prévus à hauteur de 7.000 d'ici 2002 au profit d'une police à la fois territorialisée, responsabilisée, polyvalente et capable d'agir en partenariat. Si la citoyenneté est le socle de la sécurité, celle-ci est la condition de l'exercice des libertés et d'abord par ceux de nos concitoyens qui en ont le plus besoin.
le "débat sur l'immigration", centré sur les soi-disant "sans papiers", a quitté le devant de la scène. En revanche, la question de l'intégration des deux millions de jeunes Français issus de l'immigration a commencé à trouver la place centrale qu'elle doit occuper

 

Le renforcement des moyens nationaux de la sécurité civile, la réforme désormais bien engagée des services d'incendie et de secours, la promotion du volontariat enfin, sont aussi la marque du souci que nous avons de la sécurité des Français aussi bien pour prévenir des catastrophes naturelles et des risques technologiques que pour faire face aux sinistres et aux accidents quotidiens.

S'agit-il du contrôle des flux migratoires, du droit de séjour des étrangers et du droit d'asile, sujets passionnels s'il en est ? Depuis que les mesures équilibrées de la loi RESEDA du 11 mai 1998 sont appliquées, le "débat sur l'immigration", centré sur les soi-disant "sans papiers", a quitté le devant de la scène. En revanche, la question de l'intégration des deux millions de jeunes Français issus de l'immigration a commencé à trouver la place centrale qu'elle doit occuper. La mise en place, début 1999, des Commissions départementales d'accès à la citoyenneté (CODAC), nous dote d'un outil opérationnel pour peu que la volonté politique soit au rendez-vous-, pour lutter contre les discriminations et favoriser l'embauche et la mise en valeur des talents de chacun. La xénophobie a perdu du terrain. L'extrême-droite qui se nourrissait de débats malsains a reculé pour la première fois depuis quinze ans, tombant à moins de 10 % des voix.

 

 

des préfectures qui sont la colonne vertébrale de l'Etat

Enfin, la réforme de l'Etat The last, but not the least- veille à accompagner le mouvement de déconcentration par une modernisation de la gestion du Corps préfectoral et du cadre national des préfectures qui sont la colonne vertébrale de l'Etat.

Au vrai, on ne définira pas mieux le ministère de l'Intérieur que comme le ministère, par excellence de la citoyenneté.
 

 

donner sens à l'action de la gauche

2) Pour le MDC et le gouvernement de Lionel Jospin.

De ces deux années, le MDC peut tirer un bilan de sérieux et d'efficacité.

Sur le plan politique, sur le plan économique, sur le plan social le gouvernement de Lionel Jospin a remporté des succès marquants. La confiance du pays est au rendez-vous.

La majorité plurielle n'est certes pas à l'abri des tentations de la démagogie. Le M.D.C. s'efforce de l'aider de son mieux à y résister, qu'il s'agisse des problèmes de la vie quotidienne sécurité immigration- ou des grands choix qui engagent l'avenir du pays nucléaire ou politique étrangère-. Plus important encore est de donner sens à l'action de la gauche.

Pour le M.D.C. la résolution de notre Congrès de février 1999 a tracé les voies d'une action conséquente dans la durée.

Pour l'élection européenne, deux possibilités étaient ouvertes : la première celle d'une liste autonome du M.D.C., la seconde celle d'une liste d'union avec le P.S. sur une base politique. C'est cette voie que nous avons choisie parce que nous avons considéré que l'élection européenne n'était pas pour nous une échéance décisive, dès lors qu'une plate-forme acceptable avait été négociée avec le P.S. Après une campagne de huit jours qui s'est faite entièrement sur des thèmes circonstanciels, et largement éclipsée par l'affaire du Kosovo, j'incline à penser que, seuls, nous nous serions retrouvés chargés de plus de dettes que d'élus.

Au contraire, l'élection européenne a permis le très beau succès avec 23 % des voix du môle sérieux et responsable de la majorité plurielle. Le succès de la liste conduite par F. Hollande et S. Naïr a été d'autant plus marquant que le scrutin a vu la division de la droite et l'affaissement de l'extrême-droite. Bien évidemment ce succès serait remis en question si les tentations de la démagogie venaient à infléchir l'action du Gouvernement mais nous faisons confiance à L. Jospin pour maintenir le cap de l'intérêt public, celui de la res publica qui donne sens à notre engagement.

Le M.D.C. s'est mis en situation de peser à l'intérieur de la majorité autant que le permettent non seulement son poids, mais surtout son positionnement républicain qui trouve un large écho dans de nombreuses couches de la population.