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Ce document, fruit de la réflexion de la commission recherche et technologie d'Ile de France, ne traite que de la recherche scientifique et de l'innovation dans l'économie réelle (hors sphère financière). Une politique de reconquête de notre souveraineté économique doit aussi comprendre en aval une politique industrielle, et en amont, une politique économique (notamment aux plans fiscal, financier et monétaire) qui donne les moyens de cette ambition, ainsi qu'une politique éducative qui sache former les acteurs de la reconquête. | ||||||
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L'innovation est le moteur de la nouvelle guerre économique mondiale dans le domaine de la production et du commerce. Au XIXe et pendant la plus
grande partie du XXe siècle, le développement de l'économie
se fondait sur l'exploitation rationnelle des matières premières
et du travail : fordisme (version intelligente du taylorisme) et colonialisme.
La science apportait des solutions techniques à des problèmes
d'ingénierie : chimie, métallurgie, mécanique,
etc.
L'industrialisation de l'Europe reposait sur ce modèle.
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Le développement des
moyens de communications et la dérégulation des échanges
financiers ont donné aux États-Unis qui, anticipant l'évolution,
y ont investi massivement dès avant la chute de l'U.R.S.S. en
mettant en uvre une véritable stratégie de guerre
économique impulsée par les organes étatiques,
une domination des échanges internationaux quasiment sans précédent,
tant au plan culturel qu'économique. Quels sont les éléments
du fonctionnement économique qui se généralise
aujourd'hui dans les pays développés dans la sphère
de la production et des échanges ? |
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Nous sommes dans une économie de l'innovation.Innover c'est allier la nouveauté à l'usage. Une nouveauté sans usage n'a pas de marché (ex. Concorde) et un usage sans nouveauté conduit à se réfugier dans un créneau de plus en plus étroit (Bic et son stylobille "cristal").
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La France doit avoir une politique volontariste de l'innovation
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Les deux démarches,
complémentaires, devront évidemment coopérer étroitement
au plan pratique.
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Une telle stratégie
est la réponse la plus efficace à la guerre économique
et culturelle qui se généralise aujourd'hui. L'actuelle
construction européenne, axée sur la finance et la monnaie
et dépourvue de politiques industrielle comme culturelle, ne
nous protège pas, quand elle ne contribue pas à aggraver
la situation en désarmant les états au nom d'une conception
dévoyée de la concurrence.La France doit se donner les
moyens de son ambition :
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L'expérience montre que les rattachements divers successifs de ces services ont entraîné leur asphyxie progressive. Il faut reconstruire une force de réflexion, d'animation et de coordination, agissant au cur du système, qui puisse développer une stratégie concernant tous les acteurs et en assurer le financement.
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Les grandes actions à mener :
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Ne faisons pas preuve de suivisme à l'égard dun modèle anglo-saxon " idéal ", alors que l'Allemagne développe les instituts Max-Plank ou que les Japonais créent à leur tour des systèmes inspirés de notre organisation. Les établissements
à caractère universitaire- qui oublient parfois, notamment
dans leur dispositif de recrutement et d'évaluation, que leur
vocation première est la formation avancée- disposent
de peu de moyens financiers libérés des dépenses
d'infrastructure. Les universitaires doivent eux aussi avoir de meilleures
possibilités de faire de la recherche et d'être évalués
pour cette activité. |
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Il y a des redondances entre leurs champs dintervention, leurs contributions aux progrès économiques et sociaux de la nation ne sont pas toujours suffisamment perceptibles, leurs effectifs sont vieillissants, et leur autonomie peut les conduire à un relatif isolement. En revanche, il convient de souligner leur qualité scientifique et la très grande transparence démocratique de leur fonctionnement théorique. Il conviendrait de repenser
le découpage et les vocations des organismes afin déviter
les doublons. Le C.N.R.S. devrait être le grand responsable de
la recherche de base et conserverait ainsi sa pluridisciplinarité
gage d'avenir. Sa responsabilité serait alors de fournir la matière
amont aux autres organismes qui auraient des vocations clairement orientées
vers des champs dapplication. |
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Le principe de gager le recrutement à un niveau élevé de jeunes chercheurs, enseignants chercheurs, et ITA sur les départs à la retraite des cadres issus des recrutements massifs des années soixante permettrait de rabaisser sensiblement la moyenne d'âge des acteurs de la recherche publique. En ce qui concerne le pilotage de la recherche publique, l'expérience montre que pas plus qu'un pilotage par l'aval, un pilotage exclusif par le haut ne peut convenir car soumis aux caprices des aléas politiques, alors que la science à besoin de s'inscrire dans des perspectives à long terme. Il est nécessaire aujourd'hui de clarifier le rôle respectif des différents acteurs. La politique scientifique de la nation ne peut se réduire à la somme des politiques scientifiques individuelles des établissements. Elle ne peut davantage n'être que le fruit de l'initiative gouvernementale, aussi éclairée (?) soit-elle par des groupes d'experts réunis en comités " ad hoc". |
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Les organismes de recherche
proposant, chacun en ce qui les concerne, des éléments
de politique scientifique au gouvernement, un rôle de synthèse
et de prospective devrait être redonné à un Comité
National de la Recherche Scientifique, expression démocratique
de l'ensemble des acteurs de la recherche, qui pourrait être articulé
avec le Conseil Supérieur de la Recherche et de la Technologie
; le gouvernement pouvant alors s'entourer des avis qu'il jugerait nécessaires
pour exprimer les attentes de la société avant de trancher
sur les priorités qu'il entend définir. |
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En ce qui concerne les entreprises,
leur effort de recherche est relativement faible en France par rapport
aux autres nations développées. Elles ont très
généralement une répugnance pour la recherche cognitive
et sollicitent volontiers des aides financières de l'État.
Leur place dans le dispositif national été analysé
avec pertinence par Henri Guillaume dans son rapport sur la technologie
et l'innovation. Réaffirmons cependant que la faiblesse souvent
dénoncée des relations entre le dispositif public de recherche
et l'économie réelle est autant le fait des entreprises
elles-mêmes que des laboratoires. |
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La multiplication des structures périphériques (filiales, fonds, etc ) rend cette prise en compte d'autant plus nécessaire. La valorisation de la recherche
doit être liée à une fonction d'intelligence économique
(et aussi scientifique et technologique) qui devrait être au centre
de l'action d'un ministère de la recherche et de l'innovation.
Cette démarche (documentation- veille, enquêtes et études,
prospective, information) doit être liée à un processus
d'évaluation de la recherche tourné vers l'avenir avec
des moyens rénovés et prenant en compte l'ensemble des
missions demandées aux acteurs.
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La France doit se redonner la capacité de lancer de grands projets technologiques comme ce fut le cas dans un passé encore récent avec l'Airbus, Ariane, le TGV, le nucléaire. La caractéristique essentielle de ces projets est qu'ils furent initiés par la France, qui fit, avec une grande persévérance politique, partager cette volonté par d'autres pays européens. Ces dernières années ont vu la plupart de ces projets s'essouffler par manque de volonté et d'ambition, mais aussi par une dilution dans les technostructures française et européenne et les réseaux d'influences internationaux qui a abouti à brouiller le paysage industriel et à le mettre en partie sous des tutelles étrangères à nos alliances naturelles. |
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Les grandes nations sont celles qui savent préparer leur avenir politique, économique et social. Encore faut-il pouvoir disposer des outils qui permettent de transformer un projet en volonté, et de lire les faits signifiants du futur. Il n'est pas discutable qu'au premier rang de ces outils figure la recherche. Créatrice de savoirs nouveaux, mais également de savoir faire, elle permet d'anticiper en permanence les évolutions. Parce qu'elle trace les chemins de l'avenir économique et social il suffit de regarder pour s'en rendre compte combien les dernières années ont été bouleversées par les avancées de la génétique ou des technologies de l'information et de la communication elle est loutil clé dans la maîtrise de notre destin national et de notre indépendance. |
QUESTION ECRITE
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M. Georges Sarre attire de nouveau l'attention de M. le ministre de la Recherche sur les projets en discussion de réforme du régime des brevets européens. En septembre 1998, dans une précédente question écrite, il s'inquiétait déjà d'une éventuelle remise en cause de l'obligation de traduire intégralement en français les brevets déposés dans d'autres langues auprès de l'OEB (Office européen des brevets). En réponse, le ministre avait alors clairement souligné, le 25 janvier 1999, qu'«en aucun cas les innovations qui seront apportées au régime des brevets ne pourront avoir pour effet d'imposer la langue anglaise comme unique langue de travail de l'OEB ou comme la langue unique du dépôt de brevet». Ayant pris acte de cette déclaration mais constatant que les orientations linguistiques préoccupantes préconisées par l'OEB, qui avaient motivé sa première question écrite, n'ont fait que se confirmer depuis lors, M. Georges Sarre estime donc que le Gouvernement se doit de réaffirmer aujourd'hui avec force sa position, en rejetant le protocole de «Renonciation aux exigences en matière de traduction» actuellement en discussion au sein de l'OEB. ![]() |
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la langue des brevets étant «la langue de la technique et de la science», dont l'«usage est indissociable de la francophonie» |
Il demande donc à M. le ministre de la Recherche de lui préciser l'état d'avancement des travaux de l'OEB en matière de réforme du régime des brevets, ainsi que les positions que la France fait concrètement valoir dans ce cadre. En effet - comme le rappelait récemment, à juste titre, le président de la CNPI (Compagnie nationale des conseils en propriété intellectuelle) -, la langue des brevets étant «la langue de la technique et de la science», dont l'«usage est indissociable de la francophonie», il serait «illusoire de prétendre défendre une langue en négligeant ce volet fondamental de notre culture». De surcroît, le maintien des traductions en français des brevets, instruments stratégiques de développement, est d'une importance cruciale pour les PME-PMI françaises, soit 80% de notre tissu industriel. ![]() |
Question écrite au Ministre de l'éducation nationale
pour la seule année 1998, on a compté 11000 nouveaux titulaires d'un doctorat pour 3500 postes vacants dans le cadre de la recherche publique |
M. Georges Sarre appelle l'attention de M. le Ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur le phénomène préoccupant de l'expatriation sans perspective de retour dans notre pays de nombreux jeunes chercheurs après l'obtention de leur doctorat. M. Georges Sarre relève que pour la seule année 1998, on a compté 11000 nouveaux titulaires d'un doctorat pour 3500 postes vacants dans le cadre de la recherche publique. Il note qu'une bonne partie des jeunes chercheurs part à l'étranger valoriser sa formation dans le cadre de stages dits " postdoc ", le plus souvent en Amérique du Nord, ce qu'il tient pour une bonne chose.
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quelles réponses (pour) les jeunes chercheurs dans la vie professionnelle ? |
Il ajoute cependant que le stage " postdoc " fait l'objet d'un versement de 150000 francs en moyenne par jeune chercheur. Il s'étonne qu'au regard d'un tel investissement de la part de la collectivité, la question du retour et de l'insertion de ces jeunes chercheurs en France même ne fasse pas l'objet d'un suivi ni d'un encouragement spécifiques. C'est pourquoi M. Georges Sarre souhaite savoir quelle estimation M. le Ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie fait de ce phénomène, et connaître sa position à ce sujet. Il souhaite plus généralement savoir quelles réponses M. le Ministre entend donner au défi de l'insertion des jeunes chercheurs dans la vie professionnelle. ![]() |
Communiqué
de M. Georges Sarre 11/09/00
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Le Mouvement des Citoyens se réjouit de la décision du gouvernement de réaliser sur le site de Saclay le synchrotron de troisième génération " Soleil ", projet de pointe prêt depuis plusieurs années. C'est évidemment une très bonne nouvelle pour la recherche française, qui se donne ainsi les moyens de conserver son rang dans la compétition mondiale de la recherche scientifique. Après dix ans de tergiversations, le bon sens et l'intérêt national l'ont emporté. La France et l'Europe prennent du retard. Les gouvernements doivent avoir la volonté et les moyens de conduire des politiques fortes. Cela passe par des initiatives communes entre Etats. |
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La décision d'implanter " Soleil " en France s'inscrit au contraire dans le cadre d'une coopération intergouvernementale conduite avec succès. Le projet est conduit aujourd'hui avec les autorités espagnoles, demain peut-être avec les autorités britanniques et portugaises. Le Mouvement des Citoyens renouvelle à cette occasion son attachement à une grande politique publique, ambitieuse dans le domaine de la recherche scientifique et des très grands équipements. Le prochain budget devra être l'occasion notamment de doter la recherche de notre pays pour lui permettre de faire face aux défis de la mondialisation. ![]() |
Nicole
MORICHAUD Conseiller régional Christophe LEPAGE Conseiller régional Jean-Luc LAURENT Maire du Kremlin-Bicêtre Vice-président du Conseil Régional d'Ile-de-France AIR FRANCE :Paris, le 13 avril 2000 COMMUNIQUÉ
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Le projet
SOLEIL relancé
Le Mouvement des Citoyens se réjouit de la volonté affichée
du nouveau ministre de la Recherche, M. Roger-Gérard SCHWARZENBERG,
de réaliser sur le territoire national le projet de synchrotron
de troisième génération SOLEIL. |
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Le Mouvement des Citoyens se réjouit de la volonté affichée du nouveau ministre de la Recherche, M. Roger-Gérard SCHWARZENBERG, de réaliser sur le territoire national le projet de synchrotron de troisième génération SOLEIL. |
Le Mouvement des
Citoyens réaffirme son souhait de voir SOLEIL réalisé
dans la région Ile-de-France, compte tenu notamment de l'expérience
accumulée et de l'excellence du pôle scientifique d'Orsay
(Essonne) dans le domaine du rayonnement synchrotron, mais aussi des
possibilités de synergie avec le génopôle d'Evry. ![]() |