Vous incarnez tous, dans la diversité de vos
origines, de vos engagements, de vos parcours, la force de la France |
I - Le pôle républicain
en marche
Ainsi vous voilà rassemblés, venus de
tous les départements de la métropole et de l'Outre-Mer,
rassemblés dans votre diversité mais, comme l'ont montré
tous les intervenants qui se sont succédés à
la tribune, rassemblés sur la République, rassemblés
sur la France. Vous êtes venus de tous les départements
de métropole et de l'Outre-Mer pour cette rencontre de travail,
mais aussi pour ce moment intense de mobilisation. Présidents,
coordonnateurs ou animateurs des comités de soutien, jeunes
de Génération République et d'Agir pour la Citoyenneté,
vous incarnez tous, dans la diversité de vos origines, de vos
engagements, de vos parcours, la force de la France.
Depuis déjà plusieurs mois, vous travaillez
dans vos départements au rassemblement le plus large autour
des propositions que j'ai formulées à Vincennes le 9
septembre. Votre dynamisme, votre engagement, votre créativité
constituent pour moi des encouragements précieux, sachez le
bien. Vous êtes le cur battant de la France.
Je vous l'ai dit à Vincennes le 9 septembre dernier
: " Dans toute bataille, il y a un espace stratégique
à occuper. Si grâce à tous ceux qui me font confiance,
je peux occuper cet espace dans les semaines qui viennent, alors je
gagnerai la bataille ".
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Je suis le seul aujourd'hui qui soit en capacité
de battre les deux sortants |
Eh bien ce pari a été gagné et
je suis le seul aujourd'hui qui soit en capacité de battre
les deux sortants, parce qu'il s'est créé dans tout
le pays une dynamique qui continue de s'enfler et parce que je dispose
de réserves considérables chez tous nos concitoyens,
de droite ou de gauche, dont les yeux sont en train de se dessiller.
C'est donc vous et l'armée de ceux qui me font
confiance qui détenez les clés de l'élection.
De ce moment, à partir de ce lieu dont le nom évoque
le sursaut de la Défense nationale, commence la marche qui
doit nous conduire à la victoire. C'est le moment de lancer
notre deuxième offensive, l'offensive d'hiver, celle qui doit
nous conduire d'ici le printemps prochain à faire turbuler
le système que j'appelle du pareil au même. Ce pari n'est
pas plus osé que le précédent.
Il dépend de vous de m'aider à le relever.
Alors les Français verront qu'ils ont un véritable
choix. Ce sera le moment de l'offensive finale, de l'offensive victorieuse.
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C'est le moment des grands choix, le moment privilégié
où chaque citoyenne, chaque citoyen peut fixer un cap à
la nation. |
Mais d'ici là il nous faudra encore vaincre bien
des obstacles.
Les deux sortants, candidats non candidats, ont entre
eux un pacte d'acier : il ne faut surtout pas qu'un troisième
puisse surgir pour perturber le jeu. Ils occupent l'espace médiatique
du haut de leur position institutionnelle. Depuis trois semaines,
ils nous assomment de leurs vux. Leurs poulains ont reçu
mission de remplir les interstices laissés libres pour amuser
la galerie avant que, le plus tard possible, eux-mêmes ne se
déclarent. Bref, ils veulent confisquer la démocratie
à leur profit et priver les Français d'un débat
ô combien légitime, à la veille d'une élection
présidentielle qui va fixer pour cinq ans les orientations
du pays et peut-être sceller son destin.
Les Français ont droit à une campagne
digne, sur le fond des choses, sur l'avenir de notre République,
sur l'Ecole, sur la sécurité, sur la manière
d'assurer l'égalité salariale entre les femmes et les
hommes, sur l'avenir de nos retraites et de notre système de
santé et de protection sociale. De tous ces débats nos
concitoyens ne doivent pas être frustrés. J'appelle donc
à un immense sursaut civique. Je demande à Monsieur
Baudis de rendre publiques les règles qu'il entend faire appliquer
pour que la campagne présidentielle se déroule entre
candidats, à la loyale et non pas à travers le trompe-l'il
et les artifices de décomptes trompeurs accordant aux deux
sortants le privilège exorbitant d'emplir eux ou leurs affidés
tout l'espace du débat. Et cela alors que sur l'essentiel,
il n'y a pas entre eux l'épaisseur d'une virgule, mais simplement
le banal conflit de deux royaumes prébendiers, l'Etat RPR d'un
côté, l'Etat PS de l'autre, fondamentalement d'accord
pour confisquer le pouvoir, pour s'y relayer, et le cas échéant
se le partager. C'est cela qu'il nous faut faire sauter.
L'élection présidentielle ne se ramène
pas à choisir un supposé moindre mal dans un océan
d'indifférence et d'abstention. C'est l'élection directrice.
C'est le moment des grands choix, le moment privilégié
où chaque citoyenne, chaque citoyen peut fixer un cap à
la nation. L'élection présidentielle appartient aux
Français et à eux seuls !
C'est pour cela que le pôle républicain
s'est constitué : pour déverrouiller le débat
dans le pays et pour libérer l'expression de la volonté
du peuple, sur le terrain d'abord, avant qu'elle ne le soit demain
dans les urnes.
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Tous, nous savons qu'au-dessus de la droite et au-dessus
de la gauche, il y a la République |
Nous n'avons pas la puissante machine du RPR et du PS
qui drainent vers eux l'essentiel des financements, y compris légaux.
C'est pour briser leur étau que nous avons constitué
ce pôle républicain, ce rassemblement de femmes et d'hommes
de sensibilités diverses qui ne cessera de s'étendre
et de se renforcer au fil des semaines à venir. Chacun a fait
un long parcours dont je lui sais gré.
A aucun je ne demande de renier ses valeurs ni les choix
qu'il a faits dans le passé, car je mesure l'immense richesse
qu'ensemble nous représentons : tous, nous savons qu'au-dessus
de la droite et au-dessus de la gauche, il y a la République.
Dans ce pôle républicain, il y a ceux qui
viennent de la gauche de la gauche, ceux qui viennent du parti communiste,
et qui savent bien que pour relever le défi de la mondialisation
libérale, nous avons besoin de la nation, nous avons besoin
de cet outil de la volonté populaire qui se nomme l'Etat. Ensemble,
nous allons renouer les noces du monde du travail et de la nation,
celles qui ont toujours porté la France au plus haut et l'ont
tirée de l'ornière, quand elle y était enfoncée.
Il y a les socialistes qui communient dans l'esprit
de Jaurès, ce magnifique synthétiseur du socialisme
et de la République, et qui ne veulent plus servir de béquille
à un système épuisé. Il y a les militants
et les élus du Mouvement des Citoyens, dont je salue le Président
Georges Sarre, sans lequel rien n'aurait été possible
et qui ont su ouvrir grandes les portes et les fenêtres et mettre
toute leur énergie dans la bataille.
Il y a les radicaux et les républicains qui,
fidèles à l'héritage de Mendès France
et à l'inspiration des grands fondateurs, Gambetta et Clémenceau,
n'ont jamais désespéré de la capacité
d'une République moderne à relever les défis
de l'avenir.
Il y a ceux qui ont vibré à l'appel du
général de Gaulle et qui sont très nombreux à
rejoindre le combat que j'ai entrepris pour le redressement de la
République et pour la liberté de la France. Ils savent
bien où est aujourd'hui l'esprit de la France libre. Ils savent
que les soi-disant héritiers du gaullisme ont, derrière
Jacques Chirac, foulé aux pieds son héritage, ne songeant
plus désormais qu'à fonder un grand parti libéral-mondialiste.
L'épopée du 18 juin sert de marchepied à Nicolas
Sarkozy ! L'or est changé en plomb.
Il y a les souverainistes qui font découler à
juste titre de la souveraineté nationale la capacité
de la France à rester une démocratie.
Et puis il y a tout simplement les démocrates,
très nombreux eux aussi, qui veulent à nouveau pouvoir
faire de la politique dignement.
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Ce que je renvoie aux oubliettes, c'est ce que la droite
et la gauche sont devenues dans les hommes et les partis qui prétendent
les incarner. |
On me reproche stupidement de renvoyer la droite et
la gauche aux oubliettes de l'histoire. Ce que je renvoie aux oubliettes,
c'est ce que la droite et la gauche sont devenues dans les hommes
et les partis qui prétendent les incarner. Une droite crispée
sur le privilège des rentiers et l'individualisme le plus féroce,
une droite que le sens de l'intérêt national, l'esprit
de dévouement ont totalement désertée, une droite
qui se confond avec la logique de la mondialisation libérale
; une gauche confite dans l'éternel veuvage de ses générosités
révolues, sorte de radotage interminable et tous azimuts du
principe de précaution, qui, après avoir esquissé
le geste de lever le petit doigt contre l'injustice sociale, s'empresse
au nom de ce même principe de se couper la main, de peur de
la laisser entre l'arbre et l'écorce.
Je n'ai jamais prétendu, comme je l'entends dire
ici ou là, que la gauche et la droite allaient disparaître.
Je ne suis pas le candidat " ni gauche ni droite ". On ne
peut décemment me confondre avec Antoine Waetcher ! Ce qui
est vrai, c'est que j'inquiète à droite et à
gauche les Etats-Majors des deux partis dominants qui confisquent
depuis si longtemps le pouvoir.
J'inquiète parce que je dis qui ils sont :
Dois-je rappeler que Jacques Chirac, jadis, a installé
Giscard d'Estaing au pouvoir avant de le faire battre et qu'il a toujours
sacrifié le fond, c'est-à-dire l'intérêt
du pays à son ambition, ainsi en faisant approuver le traité
de Maastricht en 1992 pour pouvoir recueillir en 1995 les voix de
l'UDF ? et qu'à peine élu, il à tourné
le dos à son engagement de réduire la fracture sociale,
provoquant en retour la colère et la juste sanction du pays
?
Et qui, sinon Jacques Chirac, s'est installé
dans une cohabitation qui a abaissé comme jamais la fonction
présidentielle ?
Faut-il aussi rappeler que Lionel Jospin, Premier Secrétaire
du Parti Socialiste en 1983, a alors déclaré ouverte
une parenthèse libérale qu'il n'a jamais cherché
ensuite à refermer, tournant le dos aux engagements pris devant
le peuple français -d'abord l'emploi !- et cautionnant ensuite
tous les choix -Traité de Maastricht, privatisations et mise
à mal des services publics- qui ont installé une "
dictature de l'actionnariat " qu'il ne fustige qu'en paroles.
Chacun sait que la croissance revenue de 1997 à
2000 doit autant à Lionel Jospin que le lever du soleil à
Chanteclerc.
Le bilan de Chirac est nul mais celui de Lionel Jospin
devient de plus en plus mauvais au fur et à mesure que le temps
passe. Aucun des deux n'a pris la mesure des défis auxquels
la France doit répondre dans les temps qui viennent. Aucun
ne porte une vision pour notre pays. Certes ils naviguent mais ils
sont armés pour le cabotage et non pour le grand large !
Oui, je vous le demande, quel sens, au-delà des
habitudes, des étiquettes, des souvenirs, quel sens actuel,
actif, exigeant ces mots de droite et de gauche évoquent-ils
encore pour le plus grand nombre, les simples gens qui ont pris l'habitude
de voir se succéder, à la télévision et
à la tête de l'Etat, ces figures interchangeables d'une
droite qui a oublié la nation et d'une gauche qui a oublié
le peuple ?
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La réalité, c'est que nos deux Gullivers,
empêtrés dans le carcan maastrichien, qu'ils ont confectionné
ensemble, deviennent des nains en termes de propositions. |
Alors mettons bas quelques masques et dénonçons
le grand théâtre des clivages obsolètes. Depuis
1983, les élites de ce pays qu'elles soient étiquetées
à gauche ou à droite ont été solidaires
et co-responsables de tous les grands choix structurants qui nous
ont amenés là où nous en sommes, en queue de
peloton.
Jospin et Chirac ont soutenu le franc fort, le traité
de Maastricht, le bradage des services publics, la déréglementation,
l'expédition militaro-pétrolière de M. Bush père
en Irak, qui se voulait fondatrice d'un nouvel ordre mondial et qui
débouche sur le désordre et la fureur des intégrismes.
Ensemble ils ont soutenu un libre-échangisme débridé,
le traité d'Amsterdam, le traité de Nice, l'intervention
comme supplétif en ex-Yougoslavie, la mise en place de multiples
autorités indépendantes dans tous les domaines pour
se défausser de leurs responsabilités politiques.
Jacques Chirac a proposé l'indépendance
des Parquets. Lionel Jospin l'a réalisée. Jacques Chirac
a décidé la fin de la conscription et la constitution
d'une petite armée de métier transformée en corps
expéditionnaire, Jospin l'a mise en uvre. Lionel Jospin
a retourné à 180° sa politique en Corse, Jacques
Chirac s'est réfugié dans un trou de souris, attendant
du Conseil constitutionnel qu'il le remplace comme garant des institutions.
La réalité, c'est que nos deux Gullivers,
empêtrés dans le carcan maastrichien, qu'ils ont confectionné
ensemble, deviennent des nains en termes de propositions. Ils ne se
sont donné aucune marge de manuvre et sont donc condamnés
à faire du pareil au même. Plus leur plan de communication
est imposant, plus leur programme est mince et en fait interchangeable.
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C'est au renouveau de la conscience civique et au renouveau
de la France que nous appelle l'exigence républicaine |
En regard, quel magnifique élan que celui du
pôle républicain !
Deux convictions, nous réunissent ici aujourd'hui
: notre attachement aux valeurs fondatrices de nos Républiques
et le sentiment angoissant que ces valeurs sont gravement mises en
péril, très gravement, comme au temps les plus émouvants
de notre Histoire. Ces valeurs sont pourtant plus nécessaires
et plus vitales que jamais. Non seulement elles sont modernes, mais
elles sont seules à porter un avenir digne de ce nom. Car elles
seules sont en mesure d'assurer encore un minimum de justice, d'égalité
des droits et des devoirs, de cohésion nationale fraternelle,
en ce monde secoué et dévasté par une mondialisation
financière aveugle et sourde aux droits élémentaires
de ses innombrables victimes, à leurs souffrances, à
leurs misères.
La force de la France tient aux valeurs de la République.
C'est en nous appuyant sur elles que nous ouvrirons les portes de
l'avenir. Loin de nous ramener aux temps d'un passé révolu,
comme tentent de le faire accroire les serviteurs du désordre
établi, c'est au renouveau de la conscience civique et au renouveau
de la France que nous appelle l'exigence républicaine.
C'est en elle-même que la France trouvera la force
de rompre avec le déclin que symbolisent également l'un
et l'autre des sortants.
Ces convictions font plus que nous réunir : elles
nous unissent ! Elles nous soudent ! C'est cela qu'on appelle "
le pôle républicain " ! Un pôle attire, un
pôle aimante, il doit maintenant mobiliser de plus en plus de
citoyennes et de citoyens, à qui nous allons, dans les mois
qui viennent, ouvrir les yeux. Donnons leur des arguments afin qu'ils
résistent aux mensonges, aux désinformations en tous
genres, voire aux calomnies concoctées dans le secret d'officines
à la botte de ces gens et de ces intérêts qui
sont prêts à liquider ou à entériner la
liquidation de notre nation, mais à qui notre constante progression
dans le cur et la confiance de notre peuple cause de plus en
plus de soucis.
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Souveraineté populaire et citoyenneté,
liberté de pensée, laïcité, droit au travail,
égalité, ces valeurs seules permettront de dominer les fureurs
des intégrismes et des com-munautarismes et de tracer le chemin
semé d'embûches d'une fraternité humaine toujours
à construire |
Car, le moins qu'on puisse dire, c'est que ces idées
de Nation et de République les gênent ! Et on les comprend
!
Tandis qu'ils s'apprêtent à instaurer les
lois de leurs jungles et laissent s'installer une anarchie contrôlée
via les particules dites communautaires, tandis qu'ils cherchent à
dépouiller le peuple de son droit souverain de faire la loi
seule capable de nous protéger des injustices et des inégalités,
nous, au contraire, nous nous sommes rassemblés pour faire
vivre les valeurs universelles de la République.
Ainsi que je l'avais déclaré le 3 octobre
2001 à l'Assemblée Nationale, " ces valeurs : souveraineté
populaire et citoyenneté, liberté de pensée,
laïcité, droit au travail, égalité, ces
valeurs seules permettront de dominer les fureurs des intégrismes
et des communautarismes et de tracer le chemin semé d'embûches
d'une fraternité humaine toujours à construire ".
C'est cela notre République à nous, c'est pourquoi elle
dérange tant, c'est pourquoi elle se distingue tellement de
leur République à eux, celle dont, un peu partout, on
se réclame hypocritement : ah, Chevènement aurait-il
le monopole de la République ? Ah, ne sommes-nous pas des républicains
?
Ils me font penser à certains fidèles
de telle ou telle religion : ils sont républicains, bien sûr,
mais ils ne pratiquent pas ! Notre République à nous,
celle qui nous unit dans ce pôle républicain qui rassemble
et rassemblera de plus en plus, eh bien, elle leur fait peur ! Ils
sont républicains au défilé des Champs-Elysées
une fois par an, comme on va communier à Pâques ou entendre
la messe de minuit ! Leur liberté à eux, c'est de faire,
pardonnez-moi le mot, mais ici il est indiqué, leur "
business " comme ils l'entendent, leur égalité
à eux porte soudain un nouveau nom : l'équité,
et leur fraternité consiste à considérer comme
inéluctable ce qu'ils appellent un " volant incompressible
" de chômeurs, qu'ils aideront, comme au XIXème
siècle, au temps de la Comtesse de Ségur, quand les
dames d'uvre faisaient la charité ! Les voilà,
ces républicains, modernes disent-ils, tous soumis à
cette fameuse et si triste, j'ajouterais si déshonorante, "
pensée unique ", les voilà pleins de mauvaise conscience
et pour cela souvent pleins de haine à notre encontre.
Nous sommes en effet chaque jour coupables de leur rappeler
par nos paroles et par nos actes qu'ils doivent tout à la vraie
République, qu'ils la répudient honteusement, par cupidité
ou lâcheté, ou les deux à la fois, oui, de cela,
nous sommes coupables, coupables de nous battre pour des valeurs que
la France a apportées au monde, qui, lui, ne l'a pas oublié
! Souvenons-nous de la Déclaration des droits de l'homme, du
discours du général de Gaulle à Pnom-Penh ! Voulez-vous
me le dire : ces actes sont-ils devenus archaïques et conservateurs
aujourd'hui ? Demandez-le donc aux chômeurs balancés
comme des briquets jetables, demandez-le donc à ces milliards
d'hommes, de femmes, d'enfants qui vivent au-dessous de ce qu'une
expression douteuse désigne comme le " seuil de pauvreté
", ou alors, simplement dans la misère, comme des bêtes,
fouillant des ordures ! Certes, nous ne résoudrons pas nous
seuls, et d'un coup, ces problèmes. Mais nous ne nous laisserons
pas caricaturer par des lâches, des snobinards, des politiciens
à bout de souffle suivis par des cohortes d'arrivistes prétentieux.
Qu'ils mordent, eh bien mordez-les aussi. Ne vous laissez
pas démonter par les insinuations et les ragots mensongers.
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Donnez-moi les moyens de conduire la politique que je
crois bonne pour la France, je ne m'arrêterai pas, croyez-le, à
mi-chemin. |
Ainsi, certains, non sans quelque malignité,
répandent la fable qu'en politique ma posture préférée
serait la position du démissionnaire. Ce refrain que chante
aussi Le Pen donne une signification équivoque à des
choix parfaitement clairs et que j'assume entièrement.
On peut démissionner parce qu'on est las de l'action
politique, parce qu'on ne se sent plus la possibilité ou la
force de faire bouger les hommes et les choses. Ce fut par exemple
le cas de Lionel Jospin lorsque, en 1993, ne disposant d'aucun mandat,
d'aucun appui, d'aucune ouverture, il avait pris la ferme résolution,
finalement provisoire, de renoncer à la vie publique.
On peut démissionner lorsque l'on estime n'être
pas à la seule place qui vous convienne, c'est-à-dire
la première, en somme quand on ne rêve que d'être
calife à la place du calife, comme dans la bande dessinée.
Ce fut le cas du grand Vizir Iznogoud, autrement dit de Jacques Chirac,
lorsque en 1976 il estima que le poste de Premier ministre n'était
pas taillé à sa mesure et qu'il fit don de sa personne
au RPR. C'était il y a vingt-six ans et rien, par la suite,
ni cas de conscience, ni reniement, ni faute politique majeure, ni
même implication dans des dossiers judiciaire, ne l'a amené
à renouveler ce geste orgueilleux et apparemment honorable.
C'est qu'il ne lui avait été dicté comme la dissolution
de 1997 ou la réduction à cinq ans du mandat présidentiel
que par des raisons de convenance personnelle.
Pour ma part, je n'ai jamais considéré
comme humiliant et comme au-dessous de ma dignité d'être
ministre de la République. J'en ai accepté avec les
honneurs les obligations et les servitudes qui en sont aussi la grandeur.
Si j'y ai renoncé à trois reprises, c'est parce que
je me voyais dans l'impossibilité de faire prévaloir
sur des choix que j'estimais erronés ce qui me semblait être
la politique de l'intérêt national et qui répondait
d'ailleurs à l'engagement initial des gouvernements auxquels
je participais : " D'abord l'emploi " en 1981. L'indépendance
nationale en 1990, l'autorité de la loi égale pour tous
sur tout le territoire de la République en 2000. Dès
lors que la poursuite de ma mission devenait incompatible avec mes
analyses, avec mes convictions et avec l'idée que je me fais
de la République, j'en ai tiré les conséquences.
Ce type de décision et cette sorte de démission ne constituent
ni un renoncement ni une abdication, mais un acte politique et positif
que j'ai assumé devant le suffrage universel.
Donnez-moi les moyens de conduire la politique que je
crois bonne pour la France, je ne m'arrêterai pas, croyez-le,
à mi-chemin.
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Réapprendre aux citoyens à faire de la
politique avec des arguments, parler non le langage de la démagogie,
mais celui de la responsabilité |
Les mêmes qui critiquent mes démissions
soulignent aussi ma participation pendant près de dix ans à
plusieurs gouvernements. Ah si Chevènement n'avait aucune expérience
gouvernementale, ce serait sans doute plus simple ! Cette expérience,
indispensable pour prétendre exercer la magistrature suprême,
je la revendique. Je me suis toujours efforcé de servir au
mieux mon pays, sans jamais faire de concession majeure par rapport
à mes engagements fondamentaux. Ma boussole, ce sera demain
comme hier, pour vous et avec vous, la République.
Oui, j'appelle les citoyennes et citoyens français
à résister à ces forces qui veulent avaler tous
les progrès, toutes les conquêtes, toutes les lumières
qui ont engendré une Nation libre, forgé les valeurs
républicaines universelles que vous soutenez, en me soutenant.
La France doit reprendre confiance en elle-même.
Il faudra réapprendre aux citoyens à faire de la politique
avec des arguments, leur parler non le langage de la démagogie,
mais celui de la responsabilité. Nous en avons assez de la
sondagite et de la bougite qui sont les deux mamelles de la nouvelle
gouvernance. Gouverner, c'est fournir des repères, traiter
les Français en adultes, exercer en tous domaines une pédagogie
républicaine, apprendre à écouter, mais aussi
savoir décider en fonction de l'intérêt public,
sans hésiter, quand il le faut, à saisir le peuple afin
qu'il tranche, par la voie du référendum, sur des sujets
essentiels. C'est ainsi qu'on relèvera le citoyen et que nous
réinstituerons la République.
* Je ne vous demande pas un ralliement aveugle mais
un engagement de toutes vos forces pour refuser l'euthanasie de la
nation et pour choisir avec moi la voie du salut public.
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L'autorité de la loi, égale pour tous,
est à refonder. |
II - Mon projet pour relever la
République.
Le pôle républicain qui prend corps aujourd'hui
est réuni par un projet. J'en ai exposé, dès
le 9 septembre à Vincennes, les dix grandes orientations, en
commençant par la première de toutes : l'affirmation
des valeurs de la République par des femmes et des hommes intègres
et désintéressés. Il y a dans notre pays un immense
besoin de valeurs et de sens. C'est pourquoi, en tous domaines, j'entends
fonder mon action sur des principes.
A) Plus le monde change, plus la réalité
est complexe, plus les sciences et techniques évoluent rapidement,
et plus nous avons besoin de principes clairs pour agir et décider.
1. L'autorité de la loi, égale pour tous,
est à refonder. L'invraisemblable projet d'adapter la loi -c'est
à dire de la changer- selon que l'on se trouve à Ajaccio
ou à Dunkerque vient de tourner court. Mais il est attristant
de devoir attendre pour cela la censure du Conseil constitutionnel.
Lionel Jospin a voulu cette violation de notre texte fondamental ;
Jacques Chirac l'a laissé faire. Car la Corse ne les intéresse
pas. Ce qui les intéresse c'est le pouvoir. Le pouvoir pour
le pouvoir.
Eh bien le débat qui intéressera les Français,
ce n'est pas de savoir s'il faut choisir l'auteur de cette faute,
ou celui qui l'a laissé commettre. C'est d'élire un
Président garant de l'intégrité des principes
républicains.
Le désordre s'installe dans l'Etat quand les
policiers puis les gendarmes se trouvent dans la rue, après
les infirmières et avant les médecins, parce que l'Etat
s'est révélé incapable d'anticiper et de prévoir
les effets des 35 heures, les nécessités de la sécurité
ou l'avenir de notre système de santé.
Le cri du juge Halphen, nous dit la crise de la justice,
reflet d'une crise profonde de l'Etat. Car de cette crise de la justice,
le chef de l'Etat est directement responsable : dévaluant sa
fonction, laissant prise au doute, refusant que la clarté se
fasse autour des mises en cause dont il est l'objet. Quant à
la folle entreprise de rendre les Parquets indépendants de
tout contrôle, d'instituer deux cents politiques pénales
indépendantes dans le pays, c'est Jacques Chirac qui l'avait
proposée, mais c'est Lionel Jospin qu'il l'a mise en uvre.
Il n'est qu'une seule réponse à cette crise : le chef
de l'Etat, que notre Constitution fait premier magistrat du pays,
doit être au-dessus de tout soupçon, et fondé,
de ce fait, à impulser les réformes dont notre justice
a besoin.
|
Nous ne voulons pas que la France disparaisse avec le
franc et elle ne disparaîtra pas ! |
2. La République lie indissolublement la souveraineté
populaire et la démocratie. Le Peuple français peut
déléguer des compétences, à la condition
qu'elles soient démocratiquement contrôlées. Mais
il ne peut déléguer sa souveraineté, sauf à
se dissoudre. Il faut en finir avec l'expertocratie. Quand il s'agit
de l'avenir de l'Union européenne, les Français ont
vu les prétendus rivaux de l'exécutif confier de concert
à une " convention " non élue le soin d'en
débattre, et sa présidence à M. Giscard d'Estaing,
dernier enfant nouveau né de la cohabitation.
Je m'engage solennellement si je suis élu Président
de la République à saisir le peuple français
des résultats de la Conférence Intergouvernementale
prévue en 2004 et dont Jacques Chirac et Lionel Jospin ont
déjà accepté par avance qu'elle réduise
la France à n'être plus qu'une région dans un
ensemble où elle s'effacera.
Nous ne voulons pas que la France disparaisse avec le
franc et elle ne disparaîtra pas !
|
Face à la loi de la jungle, notre peuple a le
droit d'être protégé. |
3. La citoyenneté, ensemble indissociable de
droits et de devoirs, est capable de faire de chacun de nous un acteur
de sa nation et du monde. C'est un horizon mille fois plus enthousiasmant
que l'invitation générale à la résignation
devant une mondialisation financière incontrôlée.
4. La responsabilité. Face à la loi de
la jungle, notre peuple a le droit d'être protégé.
Quand les exigences insensées des gestionnaires de fonds de
pension, imposant des retours de 15% alors que la croissance n'atteint
pas 2,5%, aboutissent à des licenciements massifs, l'Etat a
son mot à dire. Il ne peut pas se mettre aux abonnés
absents, comme la loi dite de " modernisation sociale "
l'a entériné -démission de l'Etat des grands
dossiers industriels et judiciarisation de la vie économique-,
au prix de quelques concessions provisoires de vocabulaire faites
à Robert Hue, bien vite censurées par le Conseil constitutionnel.
C'est le règne de la défausse ! Il n'est pas sain qu'un
gouvernement fasse voter un texte contraire à la Constitution
pour dorer la pilule aux amis de Robert Hue ou de Jean-Guy Talamoni.
L'autorité de l'Etat s'affaiblit dans ces marchés de
dupes. Il est urgent de la relever en réinventant le principe
de responsabilité.
|
La loi républicaine sera partout appliquée
fermement. Nous ne tolèrerons ni le racisme anti-arabe ou anti-musulman
ni la judéophobie renaissante. |
B) Ce n'est pas seulement sur des principes que vous
avez choisi de vous réunir mais aussi sur des propositions
concrètes.
Réhabiliter la valeur du travail, mobiliser tous
nos atouts, fixer ses missions à l'école, garantir l'avenir
des régimes de retraites et de protection sociale, défendre
ceux qui vivent de leur travail des logiques prédatrices de
la mondialisation libérale : voilà un projet fidèle
aux valeurs qui ont éclairé le mouvement ouvrier.
La tâche la plus urgente, après le 5 mai,
sera de mettre un terme au désordre qui s'est installé
dans l'Etat et de rétablir le droit pour tous nos concitoyens,
à commencer par les plus modestes, à vivre en sécurité.
La politique d'accès à la citoyenneté
que j'avais initiée et qui s'est enlisée sera vigoureusement
relancée.
L'action pour faire reculer la délinquance des
mineurs dont l'impunité choque nos concitoyens, reposera sur
la réforme nécessaire de l'ordonnance de 1945 et sur
la création de centres de retenue accueillant les jeunes délinquants
multirécidivistes en péril.
La politique pénale sera unifiée sur tout
le territoire. Le gouvernement, cessant la pratique de la défausse,
prendra ses responsabilités : les instructions du Garde des
Sceaux aux parquets seront publiques. Une loi de programmation pour
la police et la justice sera mise aussitôt en chantier. Le service
de l'intérêt public sera la boussole guidant l'action
des différentes institutions chargées de veiller à
la sécurité de nos concitoyens. Elles devront travailler
dans le même sens et cesser de s'opposer l'une à l'autre.
La loi républicaine sera partout appliquée
fermement. Nous ne tolèrerons ni le racisme anti-arabe ou anti-musulman
ni la judéophobie renaissante.
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Rien ne sera plus nécessaire à l'Education
nationale, que de mettre un terme au bougisme, de remplacer la réformite
par une véritable refondation. |
Rien ne sera plus nécessaire à l'Education
nationale, que de mettre un terme au bougisme, de remplacer la réformite
par une véritable refondation.
Les aventures irresponsables qui s'appellent le recrutement
régional des maîtres, la mise en concurrence des établissements,
ou encore le pouvoir de recrutement donné aux chefs d'établissements
seront closes. L'unité de l'Ecole sera affermie pour mieux
faire face à la fragmentation de la société.
Les grandes missions que la République confie
à l'Ecole, la transmission des savoirs et des valeurs, la formation
des futurs citoyens seront rappelées avec clarté. L'accent
mis sur les apprentissages fondamentaux, la réorganisation
des collèges, la formation des enseignants, l'accès
aux nouvelles technologies de l'information et de la communication,
l'éducation civique seront les priorités de la politique
éducative.
Je mettrai en chantier sans tarder la politique qui
permettra à des jeunes étudiants recrutés sur
concours d'être rémunérés durant leurs
études -sur le modèle des anciens IPES- à condition
de servir l'Etat ou le service public durant dix ans.
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Pour revaloriser le travail et sa rémunération,
je demanderai au gouvernement de planifier durant cinq ans une augmentation
de 25 % du SMIC |
Pour revaloriser le travail et sa rémunération,
je demanderai au gouvernement de planifier durant cinq ans une augmentation
de 25 % du SMIC, qui sera permise par des allègements de charges
et par l'assouplissement des contraintes excessives liées aux
trente-cinq heures. L'objectif sera d'améliorer la feuille
de paie, c'est-à-dire le salaire direct.
Une conférence nationale des salaires sera convoquée
pour examiner les minima de branche et les grilles salariales. Il
s'agira de préparer aussi la construction de véritables
carrières professionnelles dans les entreprises. Il est temps
de remettre le monde du travail au cur de la société,
de moderniser vraiment les relations sociales, d'aider au renforcement
des syndicats qui devront disposer d'un financement public garanti
par leur représentativité aux élections de délégués
du personnel.
C'est par le travail et la croissance que nous garantirons
l'avenir des régimes de retraites, mais aussi par une politique
familiale active encourageant la relève des générations.
J'engagerai donc sans tarder la grande concertation qui doit présider
à la réforme des régimes de retraites, en fixant
sans ambiguïté le cap : le principe de la répartition
ne sera pas mis en cause. Mais les possibilités de lier pour
tous l'âge de départ en retraite à la durée
d'activité, de créer des retraites progressives, seront
posées sur la table des négociations.
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Au lieu d'attendre la reprise venue d'Amérique,
j'organiserai la mobilisation de tous les facteurs de croissance économique. |
Notre système de santé et de protection
sociale doit être repensé dans la durée et dans
son ensemble.
En matière familiale, j'inviterai à financer
par l'excédent de la branche famille un effort exceptionnel
visant à augmenter de moitié en cinq ans le nombre de
places en crèches et celui des assistantes maternelles, et
je mettrai un terme à la dépréciation aussi constante
que navrante des allocations familiales.
Je ferai en sorte qu'un plan d'ensemble soit élaboré
pour réduire les écarts de rémunération
inacceptables qui perdurent entre les hommes et les femmes dont le
niveau de formation est pour le moins équivalent.
Des réductions d'impôts choisies avec discernement
aideront à stimuler l'activité. Je veillerai ainsi au
passage rapide au taux réduit de TVA dans la restauration,
locomotive de l'agriculture, de la viticulture, du tourisme et d'un
art de vivre à la française.
Je ferai prendre en faveur des PME, des artisans et
des commerçants, des mesures analogues à ce qu'est aux
Etats-Unis le " Small Business Act ", une législation
favorisant la création, le développement et la transmission
des entreprises de petite taille, par un accès facilité
au crédit, aux marchés publics, par une meilleure formation
et par une fiscalité incitative.
Au lieu d'attendre la reprise venue d'Amérique,
j'organiserai la mobilisation de tous les facteurs de croissance économique.
On ne doit empêcher personne de travailler, bien au contraire
! Priorité à la réinsertion des chômeurs
! Les femmes, elles aussi, doivent pouvoir concilier mieux leur légitime
aspiration à une activité professionnelle avec leur
vie personnelle et familiale.
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Il faut développer le " site de production
France ". |
Pour obtenir une politique d'argent à bon marché
et le maintien d'un change compétitif, j'entends intervenir
sans délai auprès de nos partenaires de la zone euro,
en tout premier lieu auprès de l'Allemagne : l'Europe doit
prendre sa part de responsabilité dans la lutte mondiale contre
la récession. A cette fin, je proposerai avec force, de modifier
les statuts aujourd'hui dépassés de la Banque centrale
européenne pour inscrire dans ses missions le soutien à
la croissance et à l'emploi, et non la seule lutte contre l'inflation.
Au sein du Conseil, l'Eurogroupe devra piloter les efforts coordonnés
de relance et assouplir le pacte de stabilité budgétaire
pour mener, de concert avec les Etats-Unis, une véritable
politique contracyclique.
Améliorer l'environnement des entreprises suppose
des services publics modernisés et de qualité. Je mettrai
un terme à la dilution dont ils sont l'objet du fait d'un dogmatisme
libéral à courte vue, en utilisant les moyens à
la disposition de la France, pour obtenir des clauses dérogatoires
permettant de préserver l'avenir de nos grands opérateurs
publics. Des emprunts européens multi-émetteurs doivent
permettre de moderniser les infrastructures : fret ferroviaire, voie
d'eau, liaisons TGV, réseaux à haut débit. Disposer
d'une énergie abondante, à bon marché et non
polluante exige de préparer immédiatement la relève
de notre parc de centrales par des réacteurs de nouvelle génération.
C'est l'intérêt de la France et celui de l'humanité
car c'est le meilleur moyen de répondre à la croissance
des besoins énergétiques sans rejet de gaz à
effet de serre. Je demanderai d'examiner franchement avec l'Allemagne
ces perspectives, et sinon de nous rapprocher des Etats-Unis en vue
d'une coopération efficace.
La France doit avoir le souci de ses entreprises. Le
patriotisme économique, si vivace chez nos voisins, est étrangement
faible chez nous : Trop de nos entreprises sont à la merci
de prédateurs étrangers. On ne relèvera pas ce
défi par des fonds de pensions, qui fragiliseraient les retraites
des salariés sans apporter aucune garantie quant à l'affectation
des investissements, qui iront à Tokyo ou New-York si le retour
est meilleur ! On relèvera ce défi par un renouveau
de la politique de développement technologique. Il y a vingt
ans que je le répète : il n'y a pas de vieille industrie,
il n'y a que des technologies dépassées. Il faut développer
le " site de production France ". Nous devons bâtir
une nouvelle alliance entre un Etat réformé, recentré
sur ses tâches régaliennes et de préparation du
long terme, des entreprises " citoyennes ", se souvenant
qu'à un titre ou à un autre elles font partie de la
" Maison France ", et un monde du travail conscientisé,
motivé et intéressé au progrès. La démocratie
dans l'entreprise doit être rénovée et nos syndicats
renforcés. J'ouvrirai aussi le chantier d'une nouvelle épargne
salariale dans des conditions propres à donner aux salariés
un pouvoir de peser sur les décisions stratégiques.
La maison France ne doit pas se laisser dissoudre dans la finance
mondialisée ! Il faudra tenir en respect les prédateurs
boursiers. Et veiller à ce que le pôle financier public
aide nos entreprises à reconquérir leur autonomie aujourd'hui
obérée par les exigences exorbitantes des fonds de pension.
Bref, il faudra aider nos entreprises à penser à nouveau
le long terme : industrie, technologie, recherche, investissement,
formation, dialogue social.
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Réformer l'Etat, c'est d'abord simplifier la
loi et mettre un coup d'arrêt à la furia réglementaire. |
Réformer l'Etat, c'est d'abord simplifier la
loi et mettre un coup d'arrêt à la furia réglementaire.
J'inviterai le Parlement à réunir des commissions de
réforme, pour clarifier les usines à gaz que nous avons
laissé construire, dans le domaine de la fiscalité,
de l'urbanisme, de l'emploi, de la Sécurité Sociale.
Assez de cette paperasserie écrasante !
En matière de décentralisation, je ne
crains pas la concurrence des démagogues. Je suis un décentralisateur
et je poursuivrai, après la réussite de la loi du 12
juillet 1999 sur l'intercommunalité, les réformes dont
notre pays a besoin pour stimuler les initiatives. Décentralisons,
non contre l'Etat, mais pour les citoyens ! La décentralisation,
oui, et dans la République ! La commission Mauroy, qui réunissait
des élus de toutes les sensibilités, a fait des propositions
: je m'en inspirerai directement.
Dès le mois de mai, le ministre de la Recherche
se verra confier le soin de rédiger une grande loi de programmation
pour les années 2003 - 2007, portant à 3% la part de
la recherche et du développement technologique dans le P.I.B.
Dans le domaine de la culture, l'échange fraternel
avec les cultures du monde francophone, hispanophone, lusophone, traduira
la réorientation de notre politique vers le Sud ; le service
public à la télévision aura les moyens de faire
vivre son originalité, parce que son financement aura été
modifié et délié des contraintes abusives de
l'audimat.
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Le libre échange n'est pas une solution pour
l'agriculture ni en France ni ailleurs dans le monde. |
Je me battrai bec et ongles pour que les acquis de la
politique agricole commune ne soient pas bradés comme ils l'ont
été à Doha par le couple exécutif ; pour
encourager l'installation de nouveaux paysans il faut maintenir des
prix rémunérateurs déconnectés des prix
mondiaux et attribuer des aides directes substantielles correspondant
au rôle indispensable que jouent nos paysans : qualité
de l'alimentation, sécurité sanitaire, préservation
des terroirs et des paysages, valorisation des espaces ruraux. Le
libre échange n'est pas une solution pour l'agriculture ni
en France ni ailleurs dans le monde.
L'aménagement du territoire national sera repris
afin de mieux valoriser nos atouts dans l'espace européen et
de mieux garantir l'égalité entre les régions.
Enfin, la France reprendra le chemin de la grande puissance
politique qu'elle doit demeurer.
L'Europe sera clairement à mes yeux le complément
de l'action des nations ; elle ne s'y substituera pas. Respectant
la totalité des traités qui engagent la France, je veillerai
à ce que notre engagement européen soit compatible avec
les exigences de la démocratie et de la République.
Je proposerai à nos partenaires un ensemble de réformes
qui feront l'objet d'un mémorandum :
- étendre le droit de proposition au Conseil ;
- rendre publiques les délibérations et les votes au
sein du Conseil ;
- réduire le champ des directives communautaires ;
- créer au Parlement européen une deuxième chambre
représentative des parlements nationaux;
- réformer la politique de la concurrence ;
- modifier les statuts de la banque centrale européenne et
faire du Conseil le lieu du pilotage de la politique économique
;
- développer et simplifier encore la procédure des coopérations
renforcées pour construire une Europe des projets, respectueuse
des nations.
J'engagerai avec les dirigeants allemands le dialogue
politique nécessaire qui sera l'âme de la politique européenne,
avec la volonté d'aboutir à la conclusion d'un nouveau
traité de l'Elysée. Je chercherai parallèlement
à resserrer la coopération avec les pays de l'Europe
du Sud, au premier chef l'Espagne et l'Italie.
Avec la Grande-Bretagne j'essaierai de faire revivre
une cordiale entente sur ce qui nous importe au premier chef : la
préservation de la démocratie.
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Tourner l'Europe vers le Sud et vers la Méditerranée
est une nécessité vitale. |
Tourner l'Europe vers le Sud et vers la Méditerranée
est une nécessité vitale. Le processus de Barcelone
doit être revivifié et je proposerai des initiatives
nouvelles en faveur d'un co-développement en Méditerranée,
et d'abord vers les pays du Maghreb, dès avant le sommet de
Valence en avril 2002. Faire reculer la misère, terreau de
l'intégrisme, est un devoir commun. Prendre des responsabilités
communes en faveur d'une paix juste et durable au Proche-Orient est
à notre portée ; il faut rompre l'engrenage sans fin
de la violence et soutenir avec énergie un processus politique
qui garantisse un Etat palestinien viable, et la paix pour Israël
dans des frontières sûres et reconnues par tous. Je ne
souhaite rien tant que d'investir la confiance que j'ai acquise dans
cette région du monde, au service du dialogue politique que
rien jamais ne remplacera pour installer une paix durable de la Méditerranée
au Golfe, dans le respect de l'identité, de la dignité
et du droit à la sécurité de chaque peuple.
Je ferai entendre la voix de la France dans les relations
internationales, voix de raison, voix de justice : relèvement
de l'aide publique, effacement de la dette des pays les plus pauvres,
accords de co-développement en direction des pays du Sud :
là aussi, la République se dressera contre la loi de
la jungle.
Seule cette vision à long terme, qu'on l'appelle
dialogue des cultures, politique de civilisation ou encore écologie
de l'Humanité, préservera notre pays des périls
que la situation internationale fait peser sur la sécurité
de la France et des Français. Les attentats du 11 septembre
ont mis en lumière l'incohérence ou l'inconséquence
des politiques qui ont laissé se développer, voire encourager,
le fanatisme puis le terrorisme. Notre solidarité avec la démocratie
américaine face aux attentats dont elle a été
l'objet est naturelle. Je veillerai à l'inscrire dans une entreprise
plus vaste visant à assécher le terreau sur lequel le
terrorisme intégriste a pu prospérer. On ne négocie
pas avec le terrorisme ; on le combat. Les moyens du renseignement,
la lutte contre l'argent sale, les privilèges des paradis fiscaux
ou le secret bancaire seront nos armes. Au-delà, la France
aura à soutenir les choix de progrès dans le monde arabo-musulman
pour l'aider à entrer dignement dans la modernité. Au
scénario absurde du choc des civilisations, engrenage terrible
de haines et de violences, la France opposera sa pratique séculaire
du dialogue fraternel des civilisations et des hommes. Ce sera aussi,
soit dit en passant, le meilleur moyen de garantir la sécurité
de la France et celle des Français.
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Oui, la France et son message sont plus que jamais nécessaires
! |
Oui, la France et son message sont plus que jamais nécessaires
! Assez de campagnes de repentance. Assez de cette honte de soi qui
paralyse au lieu d'appeler à mieux faire !
J'ai confiance en la France. Je rappellerai sans cesse
à notre pays ce qu'il est, d'où il vient, où
il va. Ceux qui entretiennent le projet de la dissoudre en la ravalant
au rang de province dans un Super Etat bureaucratique n'ont pas le
courage d'exposer leur véritable projet à nos concitoyens.
Il est indicible et avance de biais.
Si demain, mes concitoyens m'investissent de la charge
de les représenter, la France, je vous l'assure, ne disparaîtra
pas. La France est plus que jamais nécessaire. Non seulement,
elle est pour nous-mêmes la garantie de nos droits et de notre
avenir mais elle l'est aussi pour le monde, parce qu'elle porte depuis
deux siècles les valeurs de citoyenneté, de laïcité,
d'égalité, parce qu'elle incarne aussi une conception
politique du vivre ensemble qui seule permet de surmonter les identités
agressives, les confrontations ethniques ou confessionnelles. Il faut
que chacun de nos concitoyens retrouve cette élémentaire
confiance en la France sans laquelle nous ne pourrions relever les
défis qui nous attendent.
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Face à nous se dressent les Bastilles du conformisme.
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Face à nous se dressent les Bastilles du conformisme.
Me voyant ébranler le monopole qu'elles exercent, soyons sûrs
qu'elles ne ménageront pas leurs coups. Faute de décocher
directement leurs flèches, Lionel Jospin et Jacques Chirac
ne manquent pas d'archers supplétifs. Les rabatteurs de voix
rivalisent d'ardeur pour complaire à leurs mentors respectifs.
Eux aussi voudraient bien éteindre le débat public,
pour ramener les citoyens à choisir l'un des deux royaumes
prébendiers dont ils attendent le gîte et le couvert.
" Le collier dont je suis attaché de ce que vous voyez
est peut être la cause ", dirait le bon La Fontaine. Robert
Hue comme Noël Mamère se sont mis dans la roue de Lionel
Jospin. Alain Madelin et François Bayrou dans celle de Jacques
Chirac, et Christian Poncelet voudrait aussi y mettre Charles Pasqua.
L'élection présidentielle n'est pas le
premier tour des élections législatives. D'un côté
Messieurs Madelin et Bayrou sont priés de baisser d'un ton,
par leurs propres amis de Démocratie Libérale et de
l'UDF qui jouent la carte Chirac pour mieux assurer leurs sièges.
De l'autre côté le PS maintient Robert Hue sous tente
à oxygène et tente par une culture hors sol de faire
éclore partout des députés Verts. Quel triste
spectacle que le partage hypothétique de marocains ministériels
entre les leaders chiraquiens ! Combien consternants dans ce qui reste
de la majorité plurielle les marchandages incessants pour trouver
un point de chute à Dominique Voynet ou freiner la chute de
Robert Hue.
Dites le à ceux que vous rencontrerez demain
: voter Mamère ou Hue, c'est voter Jospin. Voter Madelin ou
Bayrou, c'est voter Chirac. Voter Laguiller ou Le Pen, c'est gaspiller
sa voix. Si vous en avez assez des deux frères siamois et de
leurs rabatteurs, votez Chevènement. En votant Chevènement
vous voterez pour la République, vous voterez pour la France
!
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Je ne suis pas l'homme d'un clan. Je ne suis pas un
homme isolé mais je suis un homme libre et vous avez répondu
à mon appel. |
Je suis le seul en effet à pouvoir ébranler
les colonnes de ce temple parce que je suis le seul à disposer
d'une vraie capacité de rassemblement.
Je ne suis pas l'homme d'un clan. Je ne suis pas un
homme isolé mais je suis un homme libre et vous avez répondu
à mon appel. Je m'efforcerai d'être l'homme de la nation,
en charge d'en donner le sens, et d'éclairer la politique du
pays. Je m'efforcerai de revenir à l'esprit initial de la Vème
République. Je ne chercherai pas à instaurer une présidence
absolue.
Pour gouverner, je ferai appel aux meilleurs, sans sectarisme.
Il existe dans tous les partis démocratiques des hommes et
des femmes de qualité, inspirés par l'exigence de l'intérêt
général, qui seront fiers de servir non un parti mais
leur pays.
N'étant inféodé à aucun
des grands appareils de pouvoir qui quadrillent le paysage politique,
je ferai en sorte de trouver dans la nouvelle Assemblée Nationale
une majorité capable de soutenir mes options. Le rassemblement
républicain que nous constituons à présent devra
donc se mettre en mesure de livrer bataille, proposant aux Français
de constituer le pôle stable d'une majorité ouverte,
et réellement innovante.
La confiance que j'ai dans le peuple français
me donne la force de regarder l'avenir sans ciller. Les partis établis
pourront se coaliser, l'inertie des habitudes aidant, rien n'empêchera
la prise de conscience de nos concitoyens.
Ceux qui annonçaient que ma candidature d'automne
s'effacerait aux premiers frimas en sont aujourd'hui pour leurs frais
!
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Alors nous commencerons le XXIème siècle
non pas avec un nouveau replâtrage de l'Etat RPR ou de l'Etat PS
mais avec une République refondée, une République
qui sera, demain comme hier, la force de la France. |
Au contraire, c'est l'offensive d'hiver
que je lance ! J'étais cette semaine à Toulouse, à
Bayonne et à Pau. Je serai lundi à Dakar, où j'évoquerai
le lien à revivifier entre la France et l'Afrique, alors que ni
le Président de la République ni le Premier Ministre n'ont
trouvé le temps d'assister aux obsèques du premier Président
du Sénégal, du poète, et fondateur de la francophonie,
Léopold Sedar Senghor. Je serai jeudi à Besançon
avant de partir pour le Forum social mondial de Porto Alegre et pour nos
départements d'Amérique. En février, je m'adresserai
particulièrement aux femmes et aux jeunes. Je préciserai
aussi ma vision de l'Europe. Partout, je ferai en sorte que la campagne
présidentielle soit une heure de vérité et ne soit
pas confisquée par la bien-pensance interchangeable des deux sortants.
Chacune et chacun d'entre vous, avez un rôle stratégique
pour faire connaître mes propositions, fédérer des
énergies, ouvrir à tous ceux qui le souhaitent les portes
du pôle républicain. Celui-ci doit se constituer dans le
dialogue, le respect mutuel et l'enthousiasme partagé dans chaque
département. Un passeport de droite ou de gauche n'est pas le
critère de sélection, encore moins de promotion. Seul
le passeport républicain est exigé à l'entrée
! Que chacun apporte le meilleur de lui-même pour ouvrir les portes
de l'avenir : Le reste viendra par surcroît !
Ensemble nous pouvons créer l'événement,
faire bouger les lignes, remettre en cause le scénario écrit
d'avance d'un deuxième tour Chirac/Jospin, véritable archaïsme
puisqu'il date du siècle dernier. C'est cela seul qui importe.
Pour cela, je compte sur chacun d'entre vous.
J'ai besoin de vous, de votre mobilisation entière
et déterminée pour faire connaître à nos
concitoyens ce que sont mes propositions, pour leur montrer la chance
de renouvellement que ma victoire offrirait au pays et à sa jeunesse.
Tout dépend de vous, il faut se battre commune
par commune, département par département, nous devons
toucher toutes les catégories : les jeunes, les femmes, les ouvriers.
Mobilisons-nous, mobilisons-nous pour une République moderne
qui relance vigoureusement notre pays vers l'avenir, face aux deux candidats
du déclin de la France, bientôt lanterne rouge de l'Europe
si on les laisse continuer.
Très bientôt, si nous travaillons bien, le
système entrera en turbulence. Au fur et à mesure que
le chef du RPR et le chef du PS s'approcheront de l'arène, ils
descendront une à une les marches des sondages. Alors une évidence
simple viendra à l'esprit de beaucoup de nos compatriotes : Jean-Pierre
Chevènement est seul en mesure de sortir le pays de l'alternance
du pareil au même. Avec la confiance du peuple, cet élan
me conduira au second tour. Il me conduira le 5 mai, si vous ne ménagez
pas vos efforts, si vous percevez la chance exceptionnelle qui est devant
nous, jusqu'à la victoire !
Alors s'ouvriront les portes d'un avenir plus digne. Cela
en vaut la peine !
Alors nous commencerons le XXIème siècle
non pas avec un nouveau replâtrage de l'Etat RPR ou de l'Etat
PS mais avec une République refondée, une République
qui sera, demain comme hier, la force de la France.
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