Communiqué de presse 

Sortir du Nucléaire au secours d’EDF

« Sauvons le Climat » a participé au débat sur l’EPR. Nous avions regretté, à  l’époque, que les organisations antinucléaires aient choisi le premier prétexte venu pour se retirer du débat. Elles exigeaient la levée du secret confidentiel défense sur un document faisant, selon elles, la preuve que l’EPR ne résisterait pas à la chute d’un avion commercial. Elles ont décidé de rendre public ce document.  « Sauvons le Climat » ne désire pas entrer dans le débat juridique suscité par cette initiative. Par contre, il nous semble que nous devons examiner si le contenu de ce document pourrait nous conduire à réviser notre attitude favorable à la construction de l’EPR.  C’est ce que nous faisons ici.

Le contexte

La définition des caractéristiques de sûreté de l’EPR avait été faite bien avant le 11 Septembre 2001 et ne tenait pas compte du risque d’un crash volontaire d’un avion commercial gros porteur. Cette prise en compte n’avait d’ailleurs été faite dans aucune autre installation civile : immeubles, barrages, usines Seveso ou non, méthaniers, pétroliers, paquebots  etc.

Par contre l’EPR avait été dimensionné pour la chute d’avions militaires, en particulier à la demande des partenaires allemands très sensibilisés à ce risque.

A la suite des attentats du 11 Septembre 2001 l’autorité de Sûreté Nucléaire demandait à EDF, qui envisageait déjà la construction d’un EPR, de prendre en compte le nouveau risque.

Le document diffusé par « Sortir du Nucléaire » représente une étape de la réflexion menée par EDF en réponse à la demande l’Autorité de Sûreté. N’étant pas destiné à être rendu public, c’est un document qu’on ne peut soupçonner de « dorer la pilule » dans un souci de communication ; il n’en est que plus intéressant.

La nature du risque

Un réacteur est dit dimensionné par rapport à un risque lorsqu’il est démontré que la réalisation de ce risque ne conduit à aucun rejet significatif de radioactivité dans l’atmosphère, et donc à aucune conséquence sur la santé du public. C’est ainsi que, dès sa conception, l’EPR était dimensionné pour résister à la chute d’un avion militaire.

La chute d’un avion sur un réacteur peut conduire à la perforation des enceintes de confinement ou (et) à leur ébranlement. Le risque associé aux avions militaires est essentiellement celui de la perforation. Le dimensionnement de l’EPR assure que ce risque est contrôlé. Le risque de perforation associé à la chute d’un gros porteur est plus faible que celui associé  à la chute d’un avion militaire. Par contre le risque d’ébranlement est plus important, et c’est ce point qu’EDF s’engageait à étudier plus particulièrement, ainsi que celui représenté par l’incendie dû au stock de kérosène transporté par l’avion.

L’engagement d’EDF

Dans le document diffusé, EDF n’excluait pas la possibilité de rejets de produits radioactifs dans l’atmosphère mais s’engageait à en limiter la quantité (voir note 3 du document diffusé par « Sortir du Nucléaire ») : moins de 30 Téra Becquerels d’Iode 131 et moins de 1,8 Téra Becquerels de Césium 137. Ces quantités d’activité rejetées paraissent abstraites pour beaucoup. Il est donc instructif de les comparer aux rejets de la catastrophe de Tchernobyl.  Ceux-ci ont été estimés à 900.000 Téra Becquerels d’Iode 131 et à 30.000 Téra Becquerels de Césium 137.

Il s’ensuit que l’engagement d’EDF conduisait à limiter les rejets éventuels consécutifs à la chute d’un  gros porteur sur l’EPR à moins d’un quinze millième des rejets de Tchernobyl. A l’occasion du 20ème anniversaire de la catastrophe diverses estimations du nombre de cancers mortels qui pourraient en être la conséquence dans le public ont été avancées, depuis  4000 dans le rapport du « Forum Tchernobyl » jusqu’à 90000 selon Greenpeace. Ces estimations étant directement proportionnelles à la radioactivité rejetée on voit que le nombre de cancers mortels dans le public qui pourraient être la conséquence de la chute d’un gros porteur sur l’EPR serait inférieur à une dizaine au grand maximum.

Comparé aux décès que pourrait entraîner, toujours dans le public, une telle chute sur d’autres installations comme des tours d’habitation et de bureau, des lieux de spectacles, des installations industrielles (site de stockage de combustibles, barrages) etc. un tel nombre apparaît comme extrêmement faible. L’EPR tel que décrit dans le document diffusé par « Sortir du Nucléaire » était déjà, sans aucun doute, une des installations les plus sûres à l’égard d’un crash volontaire d’un avion gros porteur !  Il est probable que, si EDF avait rendu publique cette estimation, les antinucléaires l’aurait accusée de mensonge. Il est évidemment beaucoup plus difficile de le faire dans les circonstances présentes.

Les exigences finlandaises

Lors de leur commande d’un EPR les finlandais ont exigé que le risque de la chute d’un avion gros porteur soit intégré dans le dimensionnement du réacteur. AREVA affirme avoir  réalisé les modifications nécessaires ; celles-ci seront également réalisées pour le réacteur EDF.

Ainsi l’EPR sera une des seules installations civiles résistant à la chute d’un avion gros porteur.

Ceci étant, le principal danger  d’un tel attentat viendrait des réactions de panique éventuelles de la population. Dans cette mesure les inlassables campagnes des antinucléaires visant à développer la méfiance vis-à-vis des autorités de sûreté et à susciter des peurs injustifiées apporteraient une aide précieuse aux éventuelles menées terroristes.

En conclusion, « Sauvons le Climat » maintient son soutien à la construction de l’EPR  dont les avantages en matière de lutte contre l’effet de serre excèdent largement les très faibles risques qu’il pourrait présenter pour la population.

Le collectif »Sauvons le climat », fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a  été signé par plusieurs milliers  de  personnes.