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Sur tous ces textes, les parlementaires MDC ont eu
une attitude constructive. Mais l'année 2001 aura surtout été
dominée par les cafouillages gouvernementaux, la disparition
définitive du concept de la gauche plurielle, et des reculs importants
sur quelques principes majeurs sur lesquels est construite la République
Française, à commencer par l'égalité de
tous devant la même loi.
Le projet de loi sur la Corse a été combattu sans faiblesse à l'Assemblée Nationale et au Sénat par Michel SUCHOD, Jean-Yves AUTEXIER et moi-même. Nous avons dénoncé la reddition du gouvernement devant les terroristes, le transfert du pouvoir législatif et l'apprentissage du Corse obligatoire. Nous avons constaté comme tous les Français que ces gages majeurs donnés aux séparatistes loin de ramener la paix civile en Corse, relançaient comme jamais attentats, meurtres, agressions diverses contre toutes les institutions, magistrature comprise. Nous avons montré que contrairement à ce que prétend Lionel JOSPIN, il y avait une autre voie pour la Corse, que Jean-Pierre CHEVENEMENT avait d'ailleurs soumis au Premier Ministre, lorsqu'il était Ministre de l'Intérieur. Il y avait bien un plan B. La sanction de l'accord SCHRAMECK-CHRISTNACHT-TALAMONI par le Conseil Constitutionnel vient logiquement d'enterrer le processus dit de Matignon. La droite sur ce dossier vient tardivement au secours de la victoire. |
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Le scandaleux silence du Président de
la République qui a sous traité au conseil constitutionnel
sa mission de gardien de la constitution ne peut être oublié.
Certes, après avoir constaté l'échec de l'opération, la droite parlementaire très partagée en première lecture a largement tourné casaque avec un courage qui mérite d'être souligné ! Mais auparavant que de tentatives pour ne pas prendre clairement position. Je pense notamment à cette proposition de loi UDF votée par les socialistes tendant à généraliser à toutes le régions le droit accordé à l'Assemblée de Corse de faire la loi ! Et que Lionel Jospin a jugé hier très positive. En matière de sécurité, le gouvernement a démontré au travers du projet de loi sur la sécurité quotidienne son manque de vision, ses atermoiements, son incapacité à mettre en uvre un projet cohérent, tiraillé qu'il est entre le constat des réalités vécues par les plus modestes et ses alliés libertaires verts et rouges. Malgré les avancées contenues dans la loi dite de modernisation sociale notamment sur la validation des acquis professionnels, le MDC a voté contre le texte gouvernemental. Nous l'avons fait parce que ce texte avait été présenté par le gouvernement comme une réponse aux plans de licenciement pour convenances boursières qui ont frappé si durement les salariés. L'accord PS-PC a débouché sur des mesurettes inefficaces, qui même non retoquées par le conseil constitutionnel, n'auraient en rien changé de fondamental pour les salariés livrés aux prédateurs boursiers. Nous le redisons, ce n'est pas en judiciarisant la vie économique que nous protégerons nos industries et nos emplois. C'est à l'Etat de prendre ces responsabilités, de manière offensive par une vigoureuse action de la France à Bruxelles et à Genève pour changer la donne en Europe et au niveau de l'OMC. C'est aussi à l'Etat d'intervenir de manière défensive en faisant prévaloir l'intérêt national et en rappelant aux grands groupes leurs responsabilités économiques et sociales vis-à-vis des contribuables et des salariés français. Avant, nous avions voté contre le projet de loi sur les Nouvelles Régulations Economiques. Nous avons fait adopter une mesure sociale simple, pratique et populaire dans le cadre de la niche parlementaire du groupe RCV : le chèque gratuit. Le gouvernement après avoir affirmé son accord sur ce principe n'a pas jugé utile d'inscrire ma proposition de loi au Sénat. Il est vrai que les banques sont très écoutées à Bercy et comptent profiter du passage à l'euro pour noyer, là comme ailleurs, l'exception française et taxer le client tant sur le chèque que sur la carte bancaire. Les parlementaires MDC n'ont pas voté le projet de budget 2002 ni la loi de financement de la sécurité sociale. |
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Le gouvernement n'a donné aucun signe
clair, dans son projet de budget, du fait qu'il aurait compris qu'il s'était
passé quelque chose le 11 septembre.
Quant à l'assurance maladie, c'est la poursuite du Plan Juppé dominé par une gestion comptable. Une grave crise, sans précédent dans notre pays, oppose les médecins généralistes au gouvernement. L'impasse est totale. Ayant eu une politique fondée sur une gestion purement comptable du système de soins ambulatoire, le gouvernement doit faire face à des revendications " comptables ". Il faut un fort relèvement du tarif des actes, la suppression du secteur II, et améliorer la qualité " des soins. Il faudra bien entendu une réforme d'ensemble de notre système de santé. Ce changement de braquet ne viendra pas de l'actuel Parlement qui en 2002 expédie les affaires courantes. Lionel JOSPIN a fait plaisir à ses amis verts avec une loi sur l'eau sans odeur et sans saveur, mais elle est surtout un mauvais faux-semblant. Le projet de loi bioéthique pour sa part, sujet majeur d'avenir, ne pourra aller à son terme. Le gouvernement devant la réalité a été obligé de revenir sur ces positions concernant l'arrêt Perruche. Quant à la loi sur la présomption d'innocence, la valse hésitation du gouvernement démontre que le gouvernement n'a pas de positions claires. C'est du pays qu'il faut attendre le sursaut nécessaire. Les parlementaires MDC rejoints par plusieurs collègues socialiste et radicaux, par des parlementaires européens de la droite républicaine, sont pleinement engagés au sein du pôle républicain pour faire gagner Jean-Pierre CHEVENEMENT. Ils poursuivront leur travail parlementaire jusqu'à l'interruption des travaux du Parlement, ils poursuivront aussi leur travail de persuasion et de dialogue avec leurs collègues dont beaucoup se sentent de plus en plus en phase avec Jean-Pierre CHEVENEMENT. Ils poursuivront enfin leur travail de rencontre avec les citoyens pour contribuer à la victoire. Aujourd'hui, nous sommes conduits à constater une disparition : la majorité plurielle est morte. Lionel Jospin l'a tuée. Lionel Jospin l'a d'abord tuée à petit feu. Il a refusé d'engager une politique industrielle qui, seule, peut garantir l'avenir de l'économie française. Car, avant de consommer, il faut produire. Car, la solidité de l'emploi suppose l'existence d'emplois productifs en grand nombre. Or, sous prétexte de meilleure rentabilité, les délocalisations se sont poursuivies, comme si la France pouvait devenir uniquement un pays de rentiers. Cette politique de liquidation n'est pas limitée aux industries traditionnelles, aux industries de base. Sous le couvert de la libre concurrence et de règles bruxelloises, la haute technologie elle-même subit des entraves. Ainsi, aujourd'hui, l'équivalent de vingt départements français n'est toujours pas couvert pas le téléphone portable. Ainsi, tout en organisant la future privatisation d'EDF, aucune décision n'est prise pour une nouvelle génération de réacteurs. |
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Lionel Jospin a tué le concept de la majorité plurielle et son expression en créant un axe stratégique avec les verts. Plus globalement, l'idéologie libérale libertaire a été promue en ayant pour résultat de désarmer et de décourager les Français dans la compétition mondiale. Notre pays aborde la mondialisation dans une résignation qui conduit à la soumission. En même temps, le triomphe de l'individualisme absolu engendre la perte des repères et les difficultés d'intégration. La sécurité des personnes et des biens exige le respect de l'autorité ; c'est à dire le contraire de cette stratégie du soupçon permanent et de cette subversion de toute valeur collective. Lionel Jospin a encore un peu plus tué la majorité plurielle avec son projet de loi sur la Corse. Lionel Jospin a achevé la majorité plurielle à Laeken en décembre dernier, sous le regard complice et complaisant de l'autre sortant, Jacques Chirac. En effet, à partir du 1er mars prochain et pour un an, siègera la convention pour la réforme de l'Union Européenne, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Le mandat donné à cette instance est sans ambiguïté : fixer les grands principes d'une constitution européenne, ayant comme préambule la charte des droits fondamentaux, déjà acceptée à Nice. Désormais constitué, le Pôle républicain s'attache à aider Jean-Pierre Chevènement à faire connaître ses positions. Puis, le Pôle républicain aura vocation à présenter un candidat dans chacune des circonscriptions législatives de France métropolitaine et d'Outre-mer, sans négociation avec qui que ce soit. Enfin, espérons que demain le Pôle républicain formera le socle de la nouvelle majorité présidentielle. La présence de Jean-Pierre Chevènement au 2ème tour puis son élection à la Présidence de la République permettrait, avec les élections législatives de juin, de procéder à un profond renouvellement de l'Assemblée nationale. Ce sera l'entrée d'une nouvelle génération de femmes et d'hommes dans la vie publique. C'est un objectif extrêmement important. Nous le préparerons méthodiquement dans le cadre du Pôle républicain. Chers Amis, Vous voyez, pour 2002, nous avons de l'ouvrage en perspective. Nous
ne manquerons de vous en tenir informés. C'est une période
décisive qui s'ouvre pour la France et pour la République. |