Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre, Mes chers collègues, |
Les députés
du MDC ont pris l'initiative d'inscrire à l'ordre du jour de notre
assemblée, une proposition de loi tendant à développer
l'offre de soins palliatifs et améliorer l'accompagnement des malades
à la fin de leur vie.
Nous savons que soigner c'est
guérir ; nous devons apprendre ou réapprendre que soigner
c'est aussi permettre au malade de combattre ses souffrances. |
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La
mort et les souffrances liées à son approche ont été,(...),
reléguées au ban de notre société. Aujourd'hui,
on meurt à l'hôpital
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La
mort et les souffrances liées à son approche ont été,
de façon concomitante avec les progrès de la médecine,
reléguées au ban de notre société. Aujourd'hui,
on meurt à l'hôpital, loin de son entourage familier, loin
des siens. Cette modification des conditions de la mort influe sur le moral
du malade mais affecte également le rapport de notre société
tout entière à la mort. La médicalisation complète
de la mort est en effet intimement liée à une modification
profonde de notre perception. La mort est vécue comme un échec,
une remise en cause de notre invulnérabilité et de la croyance
en l'omnipotence de la science. Tout se passe comme si, en confinant la
mort dans un espace qui lui est propre, on réussissait à
la faire disparaître, à faire comme si elle n'existait plus.
La formation du corps médical
illustre cet inconscient collectif: la mort n'est pas l'objet des études
médicales, elle en est l'échec. |
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En outre,
nos sociétés ont longtemps considéré la souffrance
physique comme nécessaire à la mort. Les vertus rédemptrices
et salvatrices...
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En outre, nos sociétés ont
longtemps considéré la souffrance physique comme nécessaire
à la mort. Les vertus rédemptrices et salvatrices prêtées
à la souffrance sont profondément ancrées dans nos
cultures. Faire entrer les soins palliatifs dans les mœurs nous permettra
de nous défaire de ce silice qui nous faisait croire aux vertus
purificatrices de la souffrance.
Ajoutons encore la détresse existentielle
qui peut s'emparer du mourant à l'approche de son heure dernière.
Le malade est alors confronté à
trois types de souffrance : une souffrance physique contre laquelle, pour
des raisons très complexes, on hésite encore à lutter
; une souffrance psychique aggravée par le fait de mourir loin de
chez soi et loin des siens - ceci pouvant entraîner un sentiment
d'abandon ? et, enfin une souffrance existentielle. |
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Face à la complexité
de ces processus, il nous paraît primordial de légiférer
afin de développer de façon importante le recours au soins
palliatifs en milieu hospitalier mais aussi au domicile des malades.
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Face à
la complexité de ces processus, il nous paraît primordial
de légiférer afin de développer de façon importante
le recours au soins palliatifs en milieu hospitalier mais aussi au domicile
des malades.
Cependant se pose la question
du financement : par exemple, peut-on imaginer de mettre en place une unité
de soins palliatifs par département alors que la tendance serait
plutôt à la suppression de lits.
Je souhaiterais exprimer
quelques réserves sur l'article L1-2 qui propose une formulation
satisfaisante de prime abord car elle répond au souci de donner
au malade la capacité de refuser l'acharnement thérapeutique.
Mais elle peut s'avérer très dangereuse car demain en permettant
au malade ou à son représentant de refuser des soins élémentaires
pourtant indispensables à sa survie (transfusions sanguines) ; nous
risquons en effet de voir des mineurs ou des personnes fragilisées
abusés par leur entourage au nom d'une croyance, refuser les traitements
de type transfusion.
J'avoue ne pas avoir trouvé
pour l'instant la formulation idoine permettant d'éviter cet écueil.
Néanmoins, je pense que le sujet est suffisamment important pour
que nous prenions le temps, jusqu'à la seconde lecture de reformuler
cette phrase en insérant une condition portant sur le type de maladie
ou le type de traitement. |
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La
procédure actuelle laisse supposer que l'administration, l'Etat
ne possèdent aucun pouvoir de contrôle et d'exclusion dès
lors que l'association signe la convention type et s'y conforme.
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L'acuité
des questions que nous abordons dans le cadre de cette proposition de loi
nous impose de faire preuve d'un grand discernement car nous ne devons
pas créer un milieu favorable au développement de pratiques
sectaires. Dans ce cadre, il semblerait opportun d'encadrer plus strictement
la signature des conventions type. La procédure actuelle laisse
supposer que l'administration, l'Etat ne possèdent aucun pouvoir
de contrôle et d'exclusion dès lors que l'association signe
la convention type et s'y conforme. L'Etat ne peut donc écarter
les associations sectaires.
Il serait préférable
d'organiser une réelle procédure d'agrément associée
à un large pouvoir d'appréciation par le Préfet ou
l'administration centrale.
A défaut de pouvoir
toujours protéger nos concitoyens contre les sectes et leurs manipulations
mentales, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir dans le cadre
de l'égalité et de la légalité républicaine
afin d'éviter la création d'un terreau favorable à
leur développement. |
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j'espère
aujourd'hui que cette proposition puisse participer à une évolution
des mentalités qui nous permettra de dire demain que soigner c'est
aussi aider à mourir. |
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Conclusion
:
Conserver ou redonner sa
dignité au malade n'est-ce pas aussi lui laisser la liberté
de sa mort ? En ouvrant le débat sur les soins palliatifs, en cherchant
à développer une approche courageuse et raisonnée
et de ce fait plus humaine de la mort, nous avons ouvert la porte
à un autre débat, complémentaire de celui-ci, sur
le choix de sa mort. Il serait judicieux que soit prochainement proposé
une discussion sur l'euthanasie car la question des soins palliatifs, bien
qu'elle soit une propédeutique indispensable, n'épuise pas
les questions posées par le passage de la vie à la
mort dans la dignité et dans le respect des derniers actes de volonté.
J'ai souhaité que cette proposition de loi fasse mention du sujet
délicat du libre choix de la mort. Et j'espère aujourd'hui
que cette proposition puisse participer à une évolution des
mentalités qui nous permettra de dire demain que soigner c'est aussi
aider à mourir.
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Communiqué
de G. Sarre, président délégué du MDC
5/5/99 |
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Je trouve
que nous sommes dans une situation paradoxale qui ne va pas être
simple pour le nouveau préfet, monsieur LACROIX. Ainsi le représentant
de l'Etat et le représentant de l'ordre public sont en garde à
vue ou en prison tandis que les nationalistes et les "malfrats" pavoisent.
Etrange ! dans ce contexte, le devoir de chaque républicain est
de soutenir le nouveau préfet dans sa tâche de rétablissement
de l'Etat de droit.
Mais disons le clairement, il faut prendre
garde à une dérive qui ferait de l'Etat le principal accusé
tandis qu'on laisserait plus ou moins en repos les responsables des violences
et du terrorisme en Corse. La justice ne doit pas être implacable
qu'envers l'Etat. Chacun attend que l'Etat fasse la lumière et que
le Gouvernement soit implacable. Les déclarations de Lionel Jospin
sont à la fois sincères, justes, courageuses et adaptées
à la réalité.
En République, l'Etat doit être
un gardien sourcilleux de la légalité et tous ceux qui ont
en charge la mise en oeuvre de la loi doivent savoir que si l'Etat a des
devoirs, il a aussi des droits.
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