Bouygues se déclare intéressé par une entrée au capital d'Areva
LE MONDE | 02.03.06

Les actions Bouygues ont perdu 2,6 % de leur valeur, mercredi 1er mars, terminant la journée à 42,9 euros. Le groupe français (BTP, télévision, téléphonie), avait présenté des résultats en hausse pour 2005 : son bénéfice net a progressé de 19 %, à 832 millions d'euros, hors plus-value de cession de la société Saur.

Les marchés n'ont pas apprécié l'annonce par le PDG du groupe, Martin Bouygues, du versement d'un dividende de 0,90 euro : ils tablaient sur 0,98 à 1 euro. M. Bouygues a par ailleurs écarté le versement d'un dividende exceptionnel en 2006, mettant en avant sa volonté de procéder à des acquisitions.

Il a dit "réfléchir" à un rachat d'Amec Spie (travaux publics et électriques), société détenue par le britannique Amec, qui intéresse aussi ses concurrents Vinci et Eiffage. Mais M. Bouygues a surtout affiché son intérêt pour un rapprochement avec Areva.

Il s'est dit prêt à "une prise de participation" dans le constructeur nucléaire français, "si nous en avons la possibilité". "Nous avons des compétences qui pourraient s'additionner. Nous sommes prêts à jouer un rôle", a déclaré M. Bouygues. Le groupe de BTP est déjà présent dans ce secteur, notamment par le biais de la construction des bâtiments du parc nucléaire français.

Compte tenu du contexte - le "patriotisme économique" défendu par le gouvernement français -, M. Bouygues estime bénéficier d'"un actionnariat français stabilisé, ce qui est une garantie d'une certaine pérennité de l'activité". Mercredi, Dominique de Villepin a toutefois affirmé que le nucléaire et ses acteurs devaient rester sous le "plein contrôle" de l'Etat. En novembre 2005, le premier ministre avait ainsi reporté la privatisation d'Areva.

Bouygues peut compter sur une capacité d'autofinancement de 3,090 milliards d'euros et une trésorerie disponible de 1,104 milliard d'euros.

 
Philippe Le Coeur (avec AFP)
Article paru dans l'édition du 03.03.06