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Conseil de Paris

Séance du lundi 11 juillet 2005

 

Jeux olympiques de 2012

Intervention de Liliane CAPELLE

 

 

Monsieur le Maire, mes chers Collègues,

  

Avant de commencer mon intervention sur la décision d’attribution des J.O., je voudrais d’abord dire que je m’associe, avec l’ensemble du groupe des élus M.R.C., à la déclaration que vous avez faite, Monsieur le Maire, concernant les événements dramatiques qui viennent de frapper la capitale britannique. Mes pensées vont bien sûr aux victimes, à leurs familles, mais aussi à l’ensemble des Londoniens.

 

Le 6 juillet la déception fut hélas à la hauteur de nos espoirs.

 

Permettez-moi tout d’abord de vous faire part de la fierté qui était la mienne à Singapour. Il s’agissait d’être une représentante de mon groupe, le MRC, de notre assemblée et aussi, de mon pays.

 

Ceux à qui revenait la lourde tâche de défendre le projet de Paris 2012 n’ont pas démérité, à commencer par vous, Monsieur le maire, qui avez su trouver des mots pour parler aux cœurs et aux esprits. N’ont pas démérité non plus, l’ensemble de nos sportifs pour lesquels je veux témoigner  plus que de leur soutien , de leur engagement total ; je veux leur dire mes remerciements et mon affection.

 

Nous étions, nous les élus de tous les groupes du Conseil de Paris, unis et tendus vers un seul objectif : obtenir de l’assemblée du CIO la chance d’organiser les jeux olympiques en 2012 à Paris ; enfin tous, je l’ai cru mais aujourd’hui, pour certains, le masque tombe, n’est-ce pas Monsieur LELLOUCHE ?

 

C’est un autre choix qui a été fait et, si je ne peux que m’incliner devant cette décision, je ne parlerai pas ici la langue de bois. Je n’ai pas l’impression que l’esprit olympique ait totalement soufflé à Singapour !

 

Ce n’est pas l’amertume d’avoir perdu qui me pousse à dire cela car, si le combat avait été loyal, nous nous serions dits : « battus, OK, mais avec les honneurs ».

 

Or, qu’avons-nous vu ? Le meilleur dossier, reconnu par la commission d’évaluation, écrabouillé par un autre au nom de règles occultes, de tractations qui avaient à voir avec un grand marchandage, mais rien à voir avec l’olympisme.

 

Cette expérience malheureuse me conforte au moins sur un point : aucune assemblée décisionnaire ne peut avoir de fonctionnement démocratique si ses membres ne sont pas élus avec des comptes à rendre.

 

Je vous le dis, mes chers collègues, nous aurions pu nous dispenser de toute cette mascarade et, c’est bien le seul point sur lequel je suis d’accord avec vous Monsieur GOASGUEN, économiser beaucoup d’argent en laissant le vieux franquiste SAMARANCHE tirer les ficelles des pantins dans l’obscurité et l’opacité. Nous aurions vu alors s’élever dans le ciel de Lausanne une fumée nous annonçant le nom de la ville gagnante.

 

 

 

Maintenant il nous faut tirer la leçon et tourner la page.

 

Je ne vois qu’un moyen, c’est de respecter les engagements que nous aurions pris que ce soit pour les équipements sportifs ou l’aménagement du quartier des Batignolles. Naturellement tous ensemble, la Ville, la Région et l’Etat.

Nous le devons à ceux qui nous ont suivis dans ce rêve ; je pense en particulier à ces jeunes d’Aubervilliers qui faisaient partie de la délégation à Singapour. J’ai encore en mémoire la tristesse de leurs yeux. Pour eux, pour tous les autres, faisons vivre le rêve. Démontrons à ceux-là mêmes qui nous ont rejetés que nous ne sommes jamais aussi forts et déterminés que dans les moments difficiles. Pour tous ces jeunes, avec les sportifs qui nous accompagnaient et qui, tous, ont été formidables, bâtissons une politique d’éducation par la pratique sportive. Les vraies valeurs sont là, le dépassement de soi, l’effort, la rigueur et surtout le respect.

 

C’est en redécouvrant l’honneur de ce que nous sommes et en arrêtant de nous renier, de nous déprécier comme certains journaux en donnent le lamentable spectacle, que nous retrouverons l’estime de nous mêmes.

 

Je n’ai pas honte d’aimer mon Pays, mon drapeau, mon hymne et ma ville. Je les aime comme ces milliers de Parisiens et de Franciliens qui ont été emplis de tristesse et de déception mercredi dernier, sur la place de l’Hôtel de Ville, à l’annonce du résultat.

 

Par contre, j’ai honte quand j’entends Monsieur GOASGUEN, élu parisien, mépriser ainsi sa ville et sous-entendre que Paris n’est plus qu’une ville de 2ème zone. Non, Paris n’est pas en 2ème division, ni économiquement ni socialement ni culturellement. Paris est aimée par les peuples si elle ne l’est pas par les vieilles têtes couronnées et les financiers du CIO.

 

Enfin, au moment de conclure, je voudrais rappeler à tous ceux qui pensent, je l’ai déjà beaucoup entendu (et dire cela ce n’est pas respecter un peuple qui a tant soutenu cette candidature), que c’est à cause du non à la constitution que nous avons perdu, que la Grande Bretagne n’est ni dans la zone euro ni dans l’espace Schengen… !

 

Monsieur le Maire, au nom de mon groupe, je vous renouvelle mes remerciements et mes félicitations, pour le travail effectué pendant deux ans ½, remerciements à partager avec le GIP et tous ceux qui nous ont fait rêver et ont cru dans les valeurs de l’olympisme.

 

Avant de terminer je vais vous faire une suggestion. Peut-être pourrions-nous organiser des jeux olympiques des moins de 20 ans ? Peut-être ainsi reverrions-nous dans les yeux des jeunes cette lueur de joie, de bonheur et d’espoir ? Cette idée est sans doute folle mais j’ai besoin de croire dans un projet fédérateur et nous avons tous besoin de montrer à tous notre détermination pour défendre nos idéaux sans relâche.

 

Je vous remercie.