Paris, le 11 juillet 2001
Question écrite de
Monsieur Georges SARRE,
Député
de Paris
à
Monsieur le Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
Depuis trois ans, EDF, service national,
s’est lancée dans une politique aventureuse d’achat de parts de marché de
l’électricité à travers le monde. Son actuel président déclare que le
« Groupe EDF » doit faire en 2005 la moitié de son chiffre
d’affaires à l’étranger.
A ce propos, il est regrettable que cette
transformation d’une entreprise nationale en groupe mondialisé n’ait jamais
été discutée au Parlement. Depuis la loi de nationalisation d’avril 1946,
le Peuple français est l’actionnaire unique et collectif d’EDF. Il serait
donc normal que ses représentants soient consultés sur ce changement majeur
d’orientation, comme le serait une assemblée générale d’actionnaires dans
le secteur privé.
Mais aujourd’hui, il y a plus urgent et
plus grave. La stratégie d’EDF vient de rencontrer d’importantes difficultés
en Italie. Après avoir fait dire publiquement sur la scène internationale au
gouvernement français que sa participation dans le capital de Montedison serait
au plus symbolique, de l’ordre de 4 %, on a appris dès le lendemain que cette
prise de participation s’élevait entre 20 et 25 % selon les modes de calcul.
Le gouvernement italien a réagi vivement et négativement. Se voyant dans une impasse, EDF a appelé au secours la famille Agnelli. Mais, dans ce genre de situation, les chevaliers blancs se comportent rarement en philanthrope. Aussi, il serait nécessaire que les Français connaissent dans les meilleurs délais les termes exacts, précis et détaillés de l’accord financier passé entre EDF et le groupe FIAT. La « campagne d’Italie » d’EDF ne serait-elle pas une victoire à la Pyrrhus ?